L'Ain dans la Grande Guerre

Adolphe Messimy, ministre de la Guerre

L'Ain dans la Grande Guerre du 13/06/1914, au 26/08/1914

Adolphe Messimy, député de l’Ain est Ministre de la guerre dans le gouvernement Viviani, du 13 juin au 26 août 1914.

Sa première préoccupation sera de faire voter une loi supprimant l'uniforme trop visible, avec la pantalon rouge garance, de l'armée française. Il sélectionnera un nouveau drap bleu clair, simple à produire, qui sera popularisé sous le nom de Bleu Horizon. Au prix d'un énorme effort pour l'industrie textile, Messimy fait mettre en place la production nationale de ce nouveau drap qui deviendra le symbole des Poilus de 14-18. En outre, il désigne Gallieni pour défendre Paris le 25 août 1914.

Appelé sur le front comme chef de bataillon de réserve, Adolphe Messimy commandera successivement le 229e Régiment d'infanterie territoriale, le groupe de bataillons de chasseurs de la Weiss (Vosges), la 213e Brigade d'infanterie territoriale, la 6e brigade de chasseurs, l'infanterie de la 46e Division de chasseurs puis la 162e Division d'infanterie, à la tête de la laquelle il sera le premier à pénétrer dans Colmar. Libéré des obligations militaires en janvier 1919, il est le seul député et le seul officier de réserve à terminer la guerre au grade de Général de brigade de réserve à titre définitif, et fut décoré Grand officier de la Légion d'honneur.

Né en 1869 à Lyon, il meurt à Charnoz, dans l'Ain, le 1er septembre 1935.


Mobilisation générale

L'Ain dans la Grande Guerre le 01/08/1914

L’ordre de mobilisation générale est affiché dans toutes les communes de l’Ain.


Les 3500 hommes du 23e régiment d’infanterie de Bourg-en-Bresse ainsi que les réservistes du 55e régiment territorial partent sur le front.

Le 133e RI  prend position sur la ligne bleue des Vosges : 32 % d’entre eux mourront.


L'accueil des "bouches inutiles"

L'Ain dans la Grande Guerre le 04/08/1914

La population de Bourg-en-Bresse se prépare à recevoir les réfugiés de Belfort qui fuient les Allemands : on les surnomme les « bouches inutiles ». Ils seront 6 à 7000 en décembre 1914. En 1914, Belfort est une ville stratégique pour le système de défense français. Le 3 août 1914, lorsque l’Allemagne déclare la guerre à la France, le général Thévenet ordonne l’évacuation des « bouches inutiles », c’est-à-dire toutes les personnes non indispensables à la défense de Belfort : femmes, enfants, vieillards, hospitalisés, détenus et étrangers. Ce sont entre 20 000 et 25 000 habitants qui sont évacués vers le Doubs, le Jura, l’Ain et l’Isère. Les premiers trains arrivent dès le 5 août dans le département. Le 31 août 1914, l’enquête préfectorale recense 6 860 personnes évacuées dans 52 communes. Les plus forts contingents sont attribués à Bourg-en-Bresse (1085) et à Saint-Rambert-en-Bugey (600).


Appel aux femmes francaises

L'Ain dans la Grande Guerre le 07/08/1914

Dans les campagnes, les hommes mobilisés laissent les moissons en cours et partent vers les casernes. Les femmes sont les premières sollicitées pour contribuer à l’effort de guerre par l’appel de René Viviani, Président du Conseil. 850 000 femmes d'exploitants, un bon tiers de celles déclarées au recensement de 1911, se trouvent à la tête de l'exploitation et 300 000 femmes d'ouvriers agricoles ont à charge une famille.

Alors seules, les femmes assument de lourdes responsabilités auxquelles elles étaient peu préparées : décider des productions, diriger la main d'œuvre, vendre.. Chefs d'exploitation ou pas, les paysannes joignent aux tâches qui leur étaient traditionnellement imparties une grande part des travaux d'hommes. Elles labourent, sèment, fauchent, sulfatent les vignes… leur est essentiel afin d’assurer la production agricole nécessaire à l’alimentation du front et de l’arrière.


Pierre Goujon

L'Ain dans la Grande Guerre le 25/08/1914

Député de l'Ain depuis 1910 et conseiller général depuis 1901, mobilisé comme sous-lieutenant au 223ème régiment d'infanterie, Pierre Goujon meurt à 39 ans à Méhoncourt, en Lorraine, lors de la bataille de Charmes qui stoppe la percée allemande dans cette zone.

Ce même jour, dans cette même bataille, tombe aussi le lieutenant-colonel Eugène Brouet à la tête du 223ème RI. Il avait 51 ans. Officier du 23ème RI de Bourg-en-Bresse il avait été chargé du commandement de ce régiment de réserve constitué à Bourg au début de la guerre.

Le 223ème RI perd 449 hommes lors de la terrible bataille de Méhoncourt (tués, blessés ou disparus).


1915 : L'engagement des 133e et 23e RI

L'Ain dans la Grande Guerre du 01/01/1915, au 31/12/1915

En 1915, les 133e et 23e RI combattent sur le versant lorrain des Vosges, au nord-ouest de Saint-Dié. Ces régiments reçoivent la Croix de Guerre après leur victoire à La Fontenelle. Des soldats de l’Ain sont aussi engagés dans l’armée d’Orient entre Salonique et Monastir en Serbie.


1916 : Soigner les blessés

L'Ain dans la Grande Guerre du 01/01/1916, au 31/12/1916

Pour faire face à l’afflux considérable des blessés, des hôpitaux réservés aux militaires sont créés dans des bâtiments scolaires (le lycée Quinet à Bourg devient l’hôpital auxiliaire n° 203), des hôtels, des usines (Etablissements Convert d’Oyonnax ; Soiries Bonnet à Jujurieux….)...


1917 : bataille du Chemin des Dames

L'Ain dans la Grande Guerre du 16/04/1917, au 24/04/1917

Lors de la bataille du Chemin des Dames, les 23e et 133e RI mènent une offensive victorieuse et réussissent la prise du canal de Loivre à 12 kilomètres au nord de Reims. C'est l'un des seuls succès notable de l'offensive dirigée par Nivelle.

Les pertes ont été importantes. Le 23e RI déplore 101 tués et 431 blessés ; le 133 RI a perdu 146 hommes, 411 sont blessés et 30 disparus (d'après Les Journaux des marches et opérations durant la Première Guerre mondiale).


Les mutineries de 1917

L'Ain dans la Grande Guerre du 01/06/1917, au 30/06/1917

Début juin 1917, les 23e et 133e connaissent un mouvement de mutinerie : 2 000 d’entre eux se révoltent.

Cinq soldats seront condamnés à mort, d’autres à des peines de travaux forcés ou à la prison, des amendes, des dégradations militaires : au total 79 personnes seront condamnées.


Apogée de la pandémie de grippe espagnole

L'Ain dans la Grande Guerre du 01/09/1918, au 30/11/1918

Son nom semble venir du fait que seule l'Espagne – non impliquée dans la Première Guerre mondiale – publia librement les informations relatives à cette épidémie. Les journaux français parlent donc de la grippe espagnole qui fait des ravages en Espagne.

En fait, il s'agirait d'un virus asiatique inhabituellement contagieux. Il fait son apparaition dans l'Ain, d'abord dans le Pays de Gex, en juillet 1918. Après quatre ans de guerre et de privations, de multiples déplacements de soldats et de populations affaiblies, la grippe trouve les conditions idéales pour se propager et frapper civils et militaires.

Le 26 septembre, la grippe touche 1 785 personnes sur les 8 300 habitants de la ville d’Oyonnax.


La victoire

L'Ain dans la Grande Guerre le 11/11/1918

L’Allemagne signe l’armistice avec les Alliés, qui  entre en vigueur à 11h du matin et marque la fin de la Première Guerre Mondiale. A l’annonce de l’armistice, les cloches des villages de l’Ain sonnent à toutes volées, les maisons sont pavoisées.

Au cours des 1 562 jours de guerre, 13 805 soldats de l'Ain sont morts ((d’après Chroniques de Bresse n°7, 2014, p.116.)

En 1919, la fête nationale du 14 juillet devient la Fête de la Victoire. A Bourg-en-Bresse, les festivités durent deux jours et rassemblent toutes les classes sociales.


Monuments aux morts

L'Ain dans la Grande Guerre du 26/06/1919, au 01/12/1925

L'idée de construire des monuments aux morts a émergé dès la fin du conflit. Les listes des noms affichées dans les mairies ne pouvaient suffire à honorer les nombreux disparus.

Dans l'Ain, la commune de Collonges est la première à inaugurer son monument aux morts le 26 juin 1919 sous le mandat de Lucien Michaux. Fin 1919, huit communes de l’Ain ont déjà leur édifice : Collonges, Peyrieu, Dommartin, Thézillieu, Tramoyes, Volognat, Giron et Guéreins.

Si quelques municipalités se sont montrées pionnières, il n’en reste pas moins que les trois quart des édifices (199 sur les 264 dont on connaît la date d’achèvement ou d’inauguration) ont été érigés dans les années 1920 à 1922 : 68 en 1920, 76 en 1921 et 55 en 1922. 47 autres monuments sont édifiés à partir de 1923, dont ceux des villes les plus importantes du département : celui de Bellegarde en 1923, de Belley en 1924, de Nantua et de Bourg-en-Bresse en 1925 (d’après A. Abbiateci, Des champs de blé au champ d’Honneur).


Retour du 23e RI à Bourg-en-Bresse

L'Ain dans la Grande Guerre le 10/08/1919

Le 10 août 1919, le 23e RI est attendu route de Saint-Etienne-du-Bois. La fête est grandiose avec des arcs de triomphe dressés dans certaines rues, des pavoisements et des illuminations, une réception à l'Hôtel de Ville et un banquet.

L'avenue Alsace-Lorraine et le Champ de Mars sont illuminés par la lumière électrique grâce à 1 400 lampes installées par le Grand Bazar de Lyon.


Retour du 133e RI à Belley

L'Ain dans la Grande Guerre le 24/08/1919

Après 5 ans d’horreurs et de privations qui ont touché toutes les familles, et alors que l’armistice a été signé depuis plusieurs mois, le 133e RI est de retour à Belley le 24 août 1919, acclamé par la population.


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