Abbaye Notre-Dame des Dombes au Plantay

Depuis le début du 19e siècle, il est question d’établir une abbaye en Dombes. En 1858, l’évêque de Belley, Monseigneur Géraud de Langalerie, avec le soutien de Napoléon III, prend l’initiative de faire appel aux trappistes pour fonder une abbaye cistercienne au Plantay. Il souhaite l'établissement d'une communauté monastique pour aider au développement sanitaire, social et spirituel de cette région.

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Le monastère dans l'histoire

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Le blason du monastère

La Dombes, réputée insalubre et peu évangélisée, accueille quarante-quatre moines de l’abbaye Notre-Dame d'Aiguebelle (Drôme) qui ont accepté de bâtir le nouveau monastère et d'assurer une présence chrétienne. Les moines s'installent en octobre 1863 dirigés par dom Augustin de Ladouze, le premier abbé ; ils seront une centaine en 1880. La devise gravée autour du blason du monastère « sanabo aquas has et non erit ultra in eis mors » affiche clairement leur mission : j'assainirai ces eaux et il n'y aura plus de morts en elles. Fidèles à la devise de saint Benoît « prière et travail », ils mènent une vie contemplative, communautaire et de travail.

Appliquant les théories hygiénistes du Second Empire, ils participent activement à la politique d’assèchement des étangs avec en premier lieu ceux de leur domaine, et tentent de revaloriser les terres en implantant une agriculture polyvalente. Des primes sont distribuées aux « assécheurs » grâce à des subventions du Département ; ainsi 1800 hectares d'étangs disparaissent autour du monastère.

Leurs revenus proviennent de l'exploitation d'un moulin qui fonctionne jusqu'en 1914. Entre les deux guerres, ils ouvrent une ciergerie qui sera victime d'un incendie et non reconstruite.  Depuis la seconde guerre mondiale, les moines exploitent une ferme avec 170 hectares de terres, étangs et bois.

Dès 1940, la communauté apporte son soutien à la Résistance en camouflant 700 tonnes de matériel de guerre et en donnant asile en permanence aux réfractaires français, juifs ou étrangers de toutes les classes et de toutes les conditions. Deux moines sont tués ; Gabriel Curis, père Bernard en religion, est déporté à Buchenwald et meurt le 11 avril 1944 au camp de Bergen-Belsen. Le monastère de la Trappe de Notre-Dame des Dombes qui a payé à la Résistance française une sanglante rançon, a été décoré en 1946 de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre avec palme.

Depuis 2001, la Communauté du Chemin neuf, communauté catholique à vocation œcuménique dans laquelle sont engagés des membres de différentes églises, a pris le relais des cisterciens. Elle maintient les activités agricoles et accueille des groupes ou des individuels désireux de faire une retraite. A côté de la production de miel, confitures et pâtes de fruit, elle continue à fabriquer, selon la recette de 1867, un reconstituant énergétique aux multiples vertus, la « Musculine Guichon ».


Une originale architecture de briques rouges

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Intérieur de la chapelle et stalles des moines

Les travaux sont confiés à l'architecte Pierre Bossan qui édifie à la même époque la basilique d’Ars et celle de Fourvière. La Dombes ne possède ni bois, ni pierre, ce qui le conduit à une architecture de briques, mêlées à la pierre et au marbre, la marque de fabrique de Bossan. Les artisans locaux ne pouvant pas produire l'ensemble des briques dans un délai court, des briquetiers venus de Belgique arrivent en renfort. La terre nécessaire est extraite sur place ce qui permet de créer des caves, élément rare en terrain humide favorisant la stagnation des eaux.

D’après l'étude de l'historien lyonnais Philippe Dufieux, « le projet d’origine prévoyait que les bâtiments prennent place au centre d’un clos de douze hectares et s’organisent en deux quadrilatères égaux de cinquante mètres de côté formant un cloître intérieur, séparés par la chapelle. Du grandiose projet d’origine, seuls les bâtiments nécessaires à la vie monastique furent construits : réfectoire, ateliers, scriptorium, cuisine, infirmerie, dortoirs. A l’opposé, s’étendent les bâtiments réservés à l’hôtellerie. Un cimetière est aménagé au chevet de la chapelle. Au-delà sont établis les bâtiments d’exploitation : vacherie, basse-cour, moulins, hangars et greniers, vignes et jardins potagers ». Un seul des deux hauts clochers prévus à l'origine se dresse au sud du chevet.

La chapelle est construite dans un style adapté du néoroman que certains qualifient de « romano byzantin ». La nef, couverte de voûtes d'arête, est séparée des étroits bas-côtés par des arcs en plein cintre. Chaque travée est séparée par des colonnes octogonales reposant sur de hautes bases carrées, et surmontées de chapiteaux composites découpés en feston et ornés d’une étoile. L’avant-chœur est occupé par les stalles des moines de chaque côté. Un arc triomphal légèrement ogival s’ouvre sur l'abside en hémicycle éclairée par trois hautes fenêtres en plein cintre.


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Visite libre de l'église de l'abbaye tous les jours, de 10h00 à 11h45 et de 14h30 à 18h00. Fermé le mardi.

Visite guidée sur demande : mercredi et samedi à 15h.
5 € par personne
Gratuit pour les moins de 16 ans.

Contact : 04.74.98.14.40 www.abbayeesdombes.chemin-neuf.fr

Plan et itinéraire

Les mots à comprendre

Voûte d'arête : croisement de deux voûtes en berceau plein cintre

Arc en plein cintre : formant un demi-cercle

Arc ogival : arc brisé

Ailleurs sur le web

A lire sur le sujet

Le mythe de la primatie des Gaules - Pierre Bossan (1814-1888) et l'architecture religieuse en Lyonnais au 19e siècle, Philippe Dufieux, novembre 2004.

Ouvrage en consultation au Centre de documentation - Service Patrimoine culturel

A voir autour

Eglise romane du Plantay et ses décors peints médiévaux

Basilique néoromane d'Ars-sur-Formans