Hôtel Pierre et Anne de Bourbon à Trévoux

Dans un magnifique maison trévoltienne du 15e siècle prend place le musée de Trévoux et ses trésors. Au premier étage, dans les salons de la demeure, la présentation des collections révèle les richesses historiques de Trévoux et les techniques qui ont participé à leur fabrication. Des personnages historiques évoquent ces savoir-faire : battage de la monnaie, tirage des métaux, l'orfèvrerie, l'imprimerie et la filière en diamant.

Dictionnaire de Trévoux (jpg - 3784 Ko)

La bibliothèque qui abrite le dictionnaire de Trévoux et les éditions trévoltiennes

L'hôtel Pierre et Anne de Bourbon

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L'Hôtel Pierre et Anne de Bourbon à Trévoux, maison du 15e siècle qui abrite aujourd'hui le musée de Trévoux et ses trésors.

Sous le règne de Louis XI, Pierre II de Beaujeu épouse Anne de France, la fille du roi plus connue sous le patronyme d'Anne de Beaujeu. Pierre devient duc de Bourbon et l'un des principaux conseillers du roi. En 1475 il obtient l'apanage de la Dombes et met en place une puissante organisation administrative dans la principauté, indépendante de la couronne de France, avec Trévoux pour capitale.

Propriété de la commune l'édifice est remarquable par ses qualités architecturales. Construite au 15e siècle, la bâtisse est typique des maisons trévoltiennes avec escalier en vis, tourelle, cour centrale. Les études archéologiques réalisées pendant le chantier de restauration ont permis d'identifier les modifications successives depuis la fin du 15e siècle. Elles montrent que le volume global de l'édifice a été achevé au tout début du 16e siècle. L'aménagement des grands salons du premier étage et la transformation de l'escalier au 18e siècle apportent du confort. Les grandes fenêtres verticales sont alors ajoutées, régulières et bien alignées, pour embellir la façade et faire entrer la lumière.


Un trésor révélé

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Statue trouvée lors des travaux de réhabilitation de l'Hôtel Pierre et Anne de Bourbon à Trévoux

Lors des travaux de réhabilitation de l'Hôtel Pierre et Anne de Bourbon, une statue mutilée a été découverte dans l'un des murs. Identifiée comme saint Jean l'évangéliste, on sait peu de choses sur l’origine de cette statue. L'église collégiale qui comportait plusieurs autels et chapelles est dévastée lors de la prise de Trévoux par les protestants en 1563. L’édifice se ressent encore des dégâts causés au début du 17e siècle. Cette indication permet de formuler l'hypothèse d’une destruction partielle de la statue de saint Jean pendant les guerres de religion. L’état de conservation des détails sculptés révèle qu’elle n'a probablement jamais été exposée aux intempéries.

Réalisée en pierre calcaire anciennement polychrome, la statue représente saint Jean l’évangéliste, vêtu d’une robe ceinturée et d’un manteau à revers de fourrure. Une griffe de l’aigle, attribut habituel du saint, figure à ses pieds à sa droite. La tête manque ainsi que le bras gauche, l'aigle et la majeure partie du phylactère (banderole sur laquelle se déploient les paroles prononcées par un personnage).

La graphie de l’inscription SANTE JOHAN autour du col de la robe et d’autres signes décoratifs lacunaires sur les bords du manteau comparables à ceux des vitraux du chœur de Brou vers 1530, conduisent à dater la sculpture du début du 16e siècle.

La statue est inscrite au titre des Monuments historiques eu égard à son histoire singulière et à la qualité de sa sculpture.


Le char de l'amour

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Le char de l'amour. Fragment de peinture murale du 17e siècle

Ce fragment de peinture murale sur mortier de chaux a été découvert à Trévoux en novembre 1989 lors des travaux de réhabilitation d’une maison rue du Port. Elément d’une frise plus importante, il a été déposé, consolidé et restauré en 1991 par Luigi Vettori.

L’Amour est représenté par un personnage allégorique ailé qui tient une palme, considérée dans ce cas comme symbole de la vitalité. Assis sur un char, il est conduit en triomphe par un angelot nu et ailé.

Le style inspiré des décors antiques est caractéristique de la Renaissance. L’ornementation poétique et la composition légère montrent une évolution vers le classicisme. Le choix du sujet, le graphisme, le modelé et le style des personnages permettent de dater le fragment du début du 17e siècle.

Cet exemple rare d’un décor civil dans le département de l’Ain est inscrit au titre des Monuments historiques.