L'Ain dans la guerre : les grands thèmes du musée

Alors que le parcours initial se centrait sur la Résistance et notamment l’action des maquis de l’Ain, le nouveau parcours de visite offre une approche plus globale de la période dans l'Ain pour mieux comprendre le vécu des populations et le sens des événements. Désormais les thèmes seront développés à partir de la perception que les habitants de l'Ain pouvaient en avoir. Il s'agit également de mettre en perspective l'histoire locale pour lui donner une résonance nationale voire internationale.

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de nouvelles approches scientifiques

Le musée propose un discours intégrant les nouvelles approches historiographiques et les résultats des programmes de recherche les plus récents.

Les choix thématiques, les collections présentées, la scénographie,  les contenus scientifiques ont été discutés et validés par le Conseil scientifique du musée composé d’historiens, de professionnels demusées, de l’éducation ou d’autres institutions et de l’association fondatrice du musée.

Les résultats ou les premières données de plusieurs programmes de recherche initiés par la direction des Musées départementaux de l’Ain, subventionnés par la DRAC-Auvergne-Rhône-Alpes et la Région sont pour partie valorisés dans le nouveau parcours. Il s’agit des travaux de recherche sur Les persécutions  et le sauvetage des Juifs dans l’Ain, ula répression dans l’Ain, La Mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans l’Ain, et sur Le passage en Suisse des fugitifs juifs par la frontière du Pays de Gex, 1942-1944.

EXCEptionnEL

Deux documentaires filmés sur les maquis, l’un concernant le film Ceux du maquis, l’autre le film du défildes maquisards à oyonnax le 11 novembre 1943, sont valorisés dans la nouvelle muséographie. ils sont commentés et analysés par l’historienne Sylvie Lindeperg, professeure à l’université de  paris i- panthéon Sorbonne et directrice du Centre d’études  et de recherches en histoire et esthétique du cinéma.


1939-1942 : de l'entrée en guerre à la naissance de la Résistance

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Panneau de démarcation

Le parcours de visite débute par une approche cartographique et chronologique, enrichie de supports technologiques innovants, qui pose en préambule les données géographiques et historiques essentielles.

La visite se poursuit dans un premier espace d’immersion évoquant l’occupation du Pays de Gex à partir de l’été 1940, moment plutôt méconnu. La notion de frontière imposée par la ligne de démarcation prend avec cet exemple tout son sens. Le régime de Vichy est également abordé via quelques pièces de la collection d’affiches du musée. La scénographie insiste également sur la notion d’exclusion en dévoilant des parcours individuels locaux et met en lumière ces vies bouleversées.

En 1942, l'Ain connaît un profond changement avec l’invasion de la zone non-occupée. Territoire atypique, il subit une double occupation, à la fois allemande et italienne. La population dans son ensemble vit désormais sous la pression constante des occupants.
Le visiteur découvre ici l’émergence d’une opposition appelée à devenir « la » Résistance. Dépourvue de moyens, composée à l’origine, dans l’Ain comme ailleurs, de quelques rares volontaires, elle se limite à quelques actions individuelles avant de véritablement s’organiser et déployer des réseaux de plus en plus efficaces.


1943-1945 : de la radicalisation à la Libération

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hotographie - Groupe de FFI ayant participé à la Libération de Fort l’Écluse à Léaz, août-septembre 1944

La lutte armée s’engage. Les premiers maquis voient le jour. Le travail de reconstitution menée par l’association fondatrice du musée a été préservé et prend ici une dimension mémorielle. Le visiteur pénètre dans les camps de maquis, découvre leur organisation, leur quotidien et ces chefs qui ont su mener leurs troupes vers la victoire. La survie des maquisards doit beaucoup à l’aide des Alliés, notamment britanniques. Convaincus par le défilé du 11 novembre 1943 à Oyonnax que ces troupes de volontaires entraînés et disciplinés peuvent constituer un soutien local indispensable lors du débarquement, les services secrets anglais assurent un équipement matériel et militaire au moyen de parachutages. L’exposition présente quelques-uns de ses trésors : S-phone, postes émetteurs-récepteurs, matériel de sabotage... et surtout l’extraordinaire film du défilé du 11 novembre 1943, désormais visible par tous. Le visiteur est plongé au cœur de l’action.

Mais la guerre ne se résume pas aux actes héroïques. Le territoire de l’Ain a été la cible d’importantes représailles en raison de la vigueur de sa résistance. Civils et maquisards ont subi l’implacable répression ennemie. Originalité du parcours, en parallèle de la politique répressive, le système de persécution des Juifs dans l’Ain est abordé. Cette double approche permet de montrer les liens entre ces deux thèmes, généralement présentés indépendamment l’un de l’autre. L’exposition met en lumière également le sauvetage des Juifs dans l’Ain.

Le 8 juin 1944, les maquis de l’Ain pensent avoir libéré le Haut-Bugey. Leur chef, Romans, proclame la IVe République à Nantua et restaure les institutions républicaines. Mais la joie est de courte durée. Dès le 10 juillet, les troupes allemandes reprennent le contrôle du territoire et instaure un régime de terreur. Néanmoins, la libération est en marche et les Alliés progressent. Aux portes de l’Ain, à Meximieux, se livre une dernière grande bataille où soldats américains et résistants combattent ensemble les chars allemands. Les collections d’équipement militaire confrontent le visiteur à la réalité des combats. La victoire du 4 septembre 1944 met fin à quatre année d’occupation.

Les lendemains de victoire ont pourtant un goût amer. La reconstruction s’amorce difficilement. Dans les familles, on attend dans l’angoisse le retour des absents, prisonniers de guerre ou déportés. Ceux qui rentrent ramènent avec eux un traumatisme définitif.

Pour autant, on ne veut pas oublier les disparus, tous ceux tombés au champ d’honneur ou sous la barbarie de l’ennemi. Alors une mémoire de pierre est construite. Le département de l’Ain se couvre de monuments, de stèles, de mémoriaux pour perpétuer le souvenir.


Ecouter, regarder, partager : un musée d'histoire et de mémoire

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Portraits de résistants : Emile et Paulette Mercier, André Fornier dit Bob, Henri Romans dit Petit, Paul Pioda, Yvon Morandat

Depuis sa création, le musée de la Résistance et de la Déportation a collecté plus d’une centaine de témoignages sur la Seconde Guerre mondiale. À l’heure où les témoins et acteurs de cette période disparaissent, cette collecte prend une toute autre valeur. 

Tout au long de son parcours de visite, différents dispositifs mettent en avant le précieux matériel mémoriel accumulé par le musée.

La nouvelle exposition permanente intègre de nombreuses interviews illustrant les thématiques développées. Photographies d'époque, films tournés pendant la guerre, journaux, interviews sont désormais accessibles grâce à des bornes de diffusion interactives en plus des pièces exposées. 

Une des salles est  intégralement consacrée à la construction de cette mémoire de la Seconde Guerre mondiale et à l’interprétation historique que l’on peut en faire aujourd‘hui.