Musée des traditions bugistes à Saint-Rambert-en-Bugey

Créé en 1986, le musée des traditions bugistes est situé à Saint-Rambert-en-Bugey, dans les anciens bâtiments de l’usine Schappe réservés à la direction. Aidée de bénévoles, Simone Vérel souhaitait conserver une empreinte du passé industriel de la vallée et de la vie rurale locale. A travers neuf espaces d’exposition, le visiteur s’imprègne de diverses ambiances.

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Entrée de la Filature. Saint-Rambert-en-Bugey

L'aventure industrielle de la schappe

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Salle du textile. Musée des traditions bugistes.

Tandis que l'industrie des tissages de soie se présente dans toute la région lyonnaise comme une industrie essentiellement disséminée, celle des filatures de schappe se concentre dans les deux grosses bourgades de la cluse de l'Albarine : Tenay et Saint- Rambert-en-Bugey, à l'entrée de la gorge Ambérieu-Culoz.
La schappe désigne les déchets de soie naturelle. Les Italiens eurent les premiers, dès le 11e ou 12e siècle, l'idée de les utiliser pour la fabrication des étoffes. Comme il s'agit de déchets (bouts de fils de longueur variable plus ou moins agglutinés les uns aux autres dans une sorte de bourre), il faut d'une part les peigner, les dégager les uns des autres ; d'autre part les filer, c'est-à-dire les transformer en un fil continu.
Les filés de schappe fabriqués à Tenay et Saint-Rambert étaient presque tous envoyés à Lyon qui les redistribuait dans les centres de tissage. Il n'y avait pas de centres spécialisés pour le tissage de la schappe ou de la fibranne ; elles se tissent partout où se tisse la soie. Les deux cités de Tenay et de Saint-Rambert-en-Bugey, occupaient chacune, avant la Seconde guerre Mondiale, plus de 2.000 ouvriers.

La SAF "Société anonyme de filature de la Schappe" créée en 1885 restera un leader du marché jusqu'à son rachat en 1967 par le géant mondial de la transformation textile l'américain Burlington. Cette histoire américaine ne durera que jusqu'en 1981 date à laquelle l'usine est mise en vente. Le glas de la Schappe sonnera le 24 octobre 1986 ou un terrible incendie détruit l"ensemble des bâtiments et met fin à cette aventure industrielle.


Les charbonniers de Chaley

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Maquette présentant le travail des charbonniers. Musée des traditions bugistes

Dans le Canton de Saint-Rambert, avant la Seconde Guerre mondiale, l’exploitation forestière en vue de la fabrication du charbon de bois, était très importante. Elle était exercée surtout par des Italiens, bergamasques d’origine et après 1936, par des réfugiés espagnols. Dans le musée, une maquette représente la fabrication du charbon de bois telle qu’elle a existé à Chaley dans les années 20-30. Elle permet également de mieux comprendre ce qu’étaient également les conditions matérielles de la vie des charbonniers de l’époque. Etre charbonnier, c'est vivre dans les bois, avec, en principe, femme et enfants, loin de tout, des mois durant et se déplacant au rythme des coupes de bois.

La carbonisation est réalisée, directement en forêt au plus près de la ressource en bois. Le savoir-faire du charbonnier est chauffer le bois à une certaine température, pas trop élevée, pour éviter de l'enflammer, car sinon il en résulte des cendres ou un mauvais charbon de bois. Celui-ci s'obtient en empilant du bois en une meule recouverte de mousse et de terre humide, que l'on enflamme. Une partie du bois se consume en consommant tout l'oxygène, la chaleur produite transforme le reste du bois en charbon.