Musée du Bugey-Valromey

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3 rue Centrale, 01260 Lochieu - France
Tél. + 33 (0)4 79 87 52 23

Plan et itinéraire

Les mots à comprendre

Allobroge : les Allobroges sont un peuple gaulois dont le territoire était situé entre l'Isère, le Rhône et les Alpes du Nord. Ils passaient dans l'Antiquité pour de grands guerriers.

Fibule : agrafe, broche antique pour retenir les extrémités d'un vêtement.

Nucléus : noyau de silex ou autre roche dure, dont on extrait des éclats, des lames.

Sigillée : la céramique sigillée est une céramique fine destinée au service à table caractéristique de l'Antiquité romaine. Elle se caractérise par un vernis rouge grésé cuit en atmosphère oxydante, plus ou moins clair et par des décors en relief, moulés, imprimés ou rapportés. Certaines pièces portent des estampilles d’où elle tire son nom, sigillée venant de sigillum, le sceau.

Le Bugey par monts et par vaux

Venir au musée du Bugey-Valromey, c'est découvrir l'histoire et les particularités de ce territoire, mais aussi ce qui en fait un pays si attachant.
Le parcours d'exposition Le Bugey, histoire par monts et par vaux et sa maquette animée offrent un regard sur les aspects géographiques, historiques et économiques de ce territoire de moyenne-montagne.

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L'histoire du Bugey-Valromey

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Le Valromey est un pays riche historiquement. Ancien fond de mer surélevé, lors de la formation des Alpes, cette région appartient aux montagnes du Jura. Elle renferme dans ses roches calcaires de nombreux fossiles. Quelques-uns provenant de la chaîne du Colombier, dernier contrefort jurassique, et d'Arvières sont exposés.

Avant la guerre des gaules, le territoire de l’actuel Bugey est peuplé par diverses tribus gauloises. Au milieu du 1er siècle, les voies de communication se développent, la « Pax Romana » permet un essor tant rural qu’urbain, avec la création de plusieurs vicus, gros bourgs possédant des lieux de culte : Vieu-en-Valromey, Belley, Briord, Izernore... Le commerce s’intensifie au fil du Rhône. La céramique allobroge fabriquée notamment à Vienne et à Aoste est diffusée localement. Les objets de la vie quotidienne, céramique commune ou plus fine comme la sigillée, clés, fibules... accompagnent les défunts jusque dans les sépultures.

Parmi ces vestiges archéologiques présentés au musée : deux bifaces, un nucléus, un poignard, un poinçon du néolithique, des débris de poteries et de tuiles gallo-romaines, un peson de cette même période retrouvé à Vieu, une amphore provenant de cette même localité et une urne funéraire en plomb.


Le temps des abbayes, évocation de la vie des Chartreux

Dès le 6e siècle, l’Eglise impose sa sphère d’influence dans la construction politique et économique du territoire avec l’implantation de monastères bénédictins dans les vallées et la création de l’évêché de Belley. Aux 12e et 13e siècles, Cisterciens et Chartreux s’installent dans les monts, à la recherche d’un « désert », retour aux sources du monachisme. Les saints moines Anthelme et Arthaud, des chartreuses de Portes et d’Arvières, deviennent évêques de Belley.

L’Ain a accueilli huit chartreuses qui ont contribué à l’aménagement du territoire en créant des activités économiques : Portes, Meyriat, Arvières, Seillon, Montmerle, Sélignac, Poleteins, Pierre-Châtel.
Portes, dans la partie sud du Bugey, est la deuxième maison cartusienne fondée en 1115 par deux moines de l’abbaye d’Ambronay. Les règles de vie ou « coutumes » adoptées au 12e siècle restent en vigueur. La vocation des moines n’est pas une fuite au monde mais une vie consacrée à la contemplation et à la prière, témoignage de gratuité et d’absolu.


DU TOURISME médical aux exploits sportifs

Réplique du costume d'alpiniste d'Henriette d'Angeville pour son ascension du Mont Blanc (jpg - 192 Ko)

Réplique du costume d'alpiniste d'Henriette d'Angeville pour son ascension du Mont Blanc

Durant la seconde moitié du 19e siècle, le « plateau d’Hauteville » réputé pour la salubrité de son air, accueille de nombreux malades pris en charge par le docteur Jules-François Dumarest.En 1900, le docteur Frédéric Dumarest, le professeur Arloing et l’industriel lyonnais Félix Mangini y ouvrent le premier sanatorium français. Nombre de médecins viennent à Hauteville pour s’initier à ces nouvelles thérapies.
Aujourd’hui les sanatoriums se sont reconvertis en maison de convalescence et centres médicaux spécialisés notamment dans la remise en forme de sportifs de haut niveau. Des stages sportifs sont proposés aux associations et touristes.

Des sportifs du 19e siècle aux champions olympiques d’aujourd’hui, le Bugey reste une terre d’aventure, d’entraînement et de performance.
Les membres des sociétés savantes, de clubs sportifs explorent et décrivent les nombreux phénomènes naturels géologiques, les ressources patrimoniales, botaniques... Les photographes s’enthousiasment pour les paysages pittoresques. Sous l’impulsion des premiers grands sportifs français et anglais partis à la conquête des massifs alpins, le goût de l’effort et de l’exploit, l’attrait de l’inconnu, le sublime des paysages font naître un esprit d’aventure dans la société noble et bourgeoise.

Le musée du Bugey-Valromey met en lumière dans ses collections le parcours singulier de la comtesse Henriette d'Angeville, une bugiste « fiancée du Mont-Blanc » qui incarne au début du 19e siècle la femme sportive et libérée des conventions. Nourrie des récits des pionniers de l’alpinisme, elle sera le 3 septembre 1838 la première femme à gravir le Mont-Blanc.

Extraits du Carnet vert (journal de voyage) d’Henriette d’Angeville
« Je commence par vous dire que née dans les hautes montagnes du département de l’Ain, habituée dès ma jeunesse à de longues courses à travers monts et vaux, douée d’une forte santé, d’une curiosité à l’avenant et d’une grande force de volonté, j’ai moins de mérite que toute autre à avoir entrepris et réussi à faire 25 ascensions, dont 14 grandes et 11 moyennes. Ce qui me décida à celle du Mont-Blanc (la plus capitale de toutes) c’est la facilité avec laquelle j’avais fait les précédentes... »

Les sports d’hiver et le tourisme vert développent de nouveaux aspects de la polyactivité montagnarde. Des stations se créent : les Plans d’Hotonnes, Hauteville... offrant la possibilité aux sportifs de pratiquer raquettes, ski de descente, ski nordique et randonnées.