Monument départemental aux Maquis de l'Ain et du Haut-Jura à Cerdon

Dédié aux maquis de l’Ain et du Haut-Jura, le mémorial situé au lieu-dit du « Val d’enfer » commémore la mémoire résistante. Inauguré en 1951, il est l’œuvre de Charles Machet. En 1956, on lui adjoint un cimetière militaire où reposent des maquisards tombés dans les combats de la Libération. Aujourd’hui encore, s’y déroulent des cérémonies mémorielles.

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Monument des Maquis de l'Ain et du Haut-Jura

Le lancement de la construction

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Construction du monument en juillet 1950

Le 19 avril 1945, un comité regroupant divers courants de la Résistance est créé avec l’objectif d’ériger un monument à la mémoire des maquisards du département, selon le souhait d’Henri Romans-Petit, ancien chef départemental de l’Armée secrète et des Maquis de l’Ain.
En janvier 1947, le projet du sculpteur bugiste Charles Machet et des architectes Robert Jaine et Noël Albert est sélectionné. 
Le 26 juin 1949, le général Koenig pose la première pierre au lieu-dit Val d’Enfer à l'occasion de la présentation de la maquette.

Niché au creux d'un virage de la RN84, le site a été choisi pour diverses raisons. D'abord, il se trouve sur un axe de circulation important. Mais surtout, le village de Cerdon a chèrement payé l’engagement de ses habitants. Le village compte trois fusillés, douze déportés et une cinquantaine de maisons incendiées. Pour financer cette réalisation, une souscription est lancée et les collectivités locales sont sollicitées. Le comité reçoit également des dons individuels provenant parfois de l'étranger et notamment d'Allemagne. Les syndicats professionnels incitent quant à eux les ouvriers et les employés à donner une heure de salaire.


Une œuvre exceptionnelle

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Inauguration du monument le 29 juillet 1951

Charles Machet réalise trois maquettes préparatoires au 1/5e entre septembre 1948 et mars 1949.
Dès les premiers travaux de terrassement, des problèmes techniques surgissent dus à l'important faux aplomb du site. Des fondations renforcées sont coulées.
Le travail de sculpture s'effectue entre août et novembre 1940 et s'avère pariculièrement pénible pour le sculpteur et ses élèves. Réalisée à partir de pierres du Gard, la statue s’élance telle une figure de proue de 18 m de hauteur. Elle symbolise une France qui se libère de ses chaînes, à la fois guerrière et généreuse, semblant jaillir du rocher. Sur son flanc ouest figure un vers d’Aragon : « Où je meurs renaît la Patrie ».

Le 29 juillet 1951, le monument est inauguré sous la présidence d'honneur de Madame veuve Chambonnet et la présidence de Monsieur Saint-Cyr, ministre de l'Agriculture et président du Conseil général de l'Ain.


Un lieu de recueillement et de commémoration

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Cimetière militaire au pied du monument

Le 29 mai 1954, un maquisard inconnu, symbole des « combattants de l’ombre » est inhumé au pied de la statue.
Le 24 juin 1956, un cimetière rassemblant quatre-vingt-neuf tombes est inauguré en présence du Général de Gaulle. Parmi elles, outre celles de responsables locaux des maquis comme Albert Chambonnet « Didier » ou Edouard Bourret « Brun », on trouve celles d’étrangers venus combattre dans l’Ain. Espagnols, Polonais, Italiens, Nord-Africains reposent auprès de leurs compagnons d’armes.

Chaque 8 mai, une cérémonie rend hommage à tous ces maquisards tombés pour la libération de la France. Depuis 1965, ce monument est entretenu par le Conseil départemental de l’Ain.


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