Un musée dans une ancienne prison

Prison au 19e siècle, musée au 20e siècle, ce bâtiment peu commun abrite l'une des plus belles collections de France sur le thème de la Seconde Guerre mondiale. Son importante rénovation en 2015/2017 l'a fait entrer pleinement dans le 21e siècle. Lieu de vie, le musée s'enrichit régulièrement grâce, notamment, aux donateurs et aux programmes de recherche qui sont menés.

Que la visite de ce site vous incite à venir découvrir nos collections.

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Contexte et environnement

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Musée de référence dédié à la Seconde Guerre mondiale, le musée de la Résistance et de la Déportation de l'Ain est situé au coeur du Haut-Bugey dans l'Ain, entre Lyon et Genève. Dans l'ancienne prison de Nantua datant du 19e siècle, il offre aux visiteurs une (re)lecture actualisée des événements de la Seconde Guerre mondiale à travers le vécu des habitants de l'Ain.

Un musée réinventé

Le musée a connu d'importants travaux d'agrandissement et de mise en accessibilité en 2015/2017. Sa scénographie a été complétement renouvelée et est accessible au plus grand nombre.

Le nouveau parcours de visite présente les enjeux stratégiques du départemente de l'Ain dans la Seconde guerre mondiale avec une mise en perspective des réalités à l'échelle régionale, nationale et européenne. Ponctuée de parcours de vie, l'expostion propose par ailleurs une réflexion sur l'engagement et le combat de femmes et d'hommes de l'Ain.

Imprégné par l'esprit des fondateurs résistants et déportés, le musée questionne également la construction de la mémoire après 1945 et ses usages contemporains.


De la prison au musée

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Plan de la prison de Nantua en 1876

Vers 1834, les autorités envisagent de reconstruire la prison et le tribunal sur l’emplacement de l’ancienne église paroissiale et de l’ancien cimetière. Le chantier est attribué à Stanislas Millet et Georges Sourd. Le 4 juillet 1840, les travaux débutent, mais très vite de nombreuses anomalies sont signalées et se perpétuent après la fin des travaux en février 1848 : chauffage défectueux, humidité excessive, toiture inadaptée aux intempéries, mauvaise évacuation des eaux usées... Après plusieurs ajournements pour raisons financières, les travaux d'assainissement sont effectués en 1861. En raison de l’excès d’humidité, il est décidé qu’aucun détenu ni membre du personnel ne sera logé au rez-de-chaussée. Les premiers détenus arrivent en 1864.

La prison de Nantua remplit alors une double fonction :

  • Maison de correction pour les condamnés dont la peine n’excède pas 1 an (supprimée en 1934)
  • Maison d’arrêt pour les prévenus en attente de jugement mais aussi pour des prisonniers de passage, civils ou militaires

Prévenus et détenus sont néanmoins séparés dans le bâtiment.

Conçue pour un maximum de  27 détenus, elle n’a jamais atteint ce chiffre (seulement 8 détenus en 1876) en raison de dysfonctionnements récurrents : risque important d’évasion, non-conformité à la loi obligeant à l’emprisonnement individuel, problèmes sanitaires…

Au 20e siècle, la prison accueille d'autres « pensionnaires ». En 1936, des gardes mobiles venus réprimer les grèves y sont logés. En 1937 et 1939, des réfugiés républicains espagnols y sont accueillis sans être incarcérés seulement « contrôlés ». Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle retrouve sa fonction initiale avec des prisonniers de droits communs. À partir de 1943, quelques résistants qui ne font que transiter avant d'être envoyés à Lyon y sont incarcérés, remplacés à la Libération par des collaborateurs. La prison ferme définitivement en 1953.

Utilisé par les associations sportives depuis sa fermeture, le bâtiment connaît une nouvelle vie en 1983. Une association est fondée afin de créer un musée de la résistance et de la déportation avec à sa tête, Pierre Mercier, fils du docteur Mercier assassiné par les Allemands en décembre 1943. La mairie de Nantua leur attribue le bâtiment de la prison et met ainsi fin à la querelle naissante autour du lieu d’implantation de ce musée, les villes d'Oyonnax et Dortan ayant tenté de développer un projet concurrent. Les premières pièces de collections sont rassemblées et d'importants travaux sont entrepris dans la prison : il faut décaisser le sol sur plusieurs centimètres, couler une dalle, gratter les murs, les badigeonner...

Le 12 août 1985, le musée de la Résistance et de la Déportation ouvre ses portes pour la première fois au public. Une équipe de bénévoles assure l’accueil des visiteurs. L’inauguration officielle a lieu le 18 octobre 1986 en présence de membres du gouvernement de l’époque. Associatif, le musée évolue rapidement vers un statut municipal et obtient également le soutien du Conseil général. En 1990, un agent municipal est embauché pour tenir l’accueil. Progressivement le musée se professionnalise.

En 2004, il devient départemental. Aujourd’hui, l’équipe se compose de cinq personnes et accueille plus de 10 000 visiteurs par an, dont une bonne moitié de scolaires. La collection rassemble plus de 15 000 objets et documents liés à la Seconde Guerre mondiale dont certains très rares ou à la valeur historique essentielle. Des expositions, des conférences et diverses animations en font un lieu très actif  et le travail scientifique a permis d’obtenir la reconnaissance des instances culturelles. Le MRDA est désormais un lieu incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en France. 

Parcourir l'histoire du musée


Histoire d'une collection exceptionnelle

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Alors qu’à sa création, l’association des amis du musée ne possédait aucun document ni objet, les collections actuelles comptent plus de 15 000 pièces. Leur richesse et leur diversité illustrent de nombreux aspects de la Seconde Guerre mondiale : vie quotidienne sous l’Occupation, régime de Vichy, organisation de la Résistance, vie et actions des maquis de l’Ain, aide des alliés, déportation...

La plupart de ces pièces proviennent de dons d'habitants de l'Ain. Certaines ont été acquises lors de ventes aux enchères. Le musée dispose notamment d’une exceptionnelle collection d’affiches de propagande de la période 1939-1945. Les collections militaires rassemblent aussi bien des armes françaises, anglaises, américaines ou allemandes que des uniformes. Le domaine de la vie quotidienne est quand à lui largement représenté dans la collection au travers de tickets de rationnement, d’objets liés aux ersatz (produits de substitution), documents administratifs utilisés sous l’Occupation (autorisations de circuler, Ausweis...).

Le musée dispose aussi d’un important fonds photographique. Ces clichés d’époque illustrent notamment la vie au maquis et montrent le portait de nombreux résistants locaux.

Enfin, un fonds d’archives conséquent est conservé au musée. Il  s’agit essentiellement de rapports de gendarmerie et de documents dactylographiés ou manuscrits liés aux actions de la Résistance locale (notes, rapports, consignes...). Ce fonds est accessible aux chercheurs sauf restriction particulière et fait l’objet de nombreuses valorisations : expositions, publications...