Église Saint-Maurice de Neuville-les-Dames
Construite au 19e siècle pour remplacer l'ancienne église paroissiale devenue vétuste, l'église Saint-Maurice demeure aujourd’hui la plus vaste du secteur paroissial. La nouvelle église de Neuville-les-Dames est sortie de terre en 1889 et a été achevée en 1892. De style néo-roman, l’édifice conçu par l’architecte Tony Ferret s’inscrit dans la configuration de la place du Chapitre, dont l’histoire est liée à celles des chanoinesses, présentes des siècles durant à Neuville.
Façade ouest de l'église Saint-Maurice
© Association église Saint-Maurcie
Église paroissiale et église des chanoinesses
Place du chapitre et hôpital de Neuville-les-Dames
© Association église Saint-Maurice
Deux églises précédent l’église Saint-Maurice actuelle : une église paroissiale Saint-Maurice, datant du 12e siècle, et une église Sainte-Catherine, celle des chanoinesses. Les deux églises sont accolées tête bêche, le chœur de l’église paroissiale est situé à l’Est de l’édifice, selon la tradition chrétienne ; celui de l’église Sainte Catherine à l’Ouest pour que l’entrée donne sur la place du Chapitre et soit accessible aux chanoinesses, par un sentier en brique reliant chaque demeure au lieu de culte.
L’ancienne église Saint-Maurice, de style roman, est bâtie selon les dispositions d’un plan en croix latine, avec une nef qui se termine par une abside unique. S’élève au-dessus du bâtiment un clocher lanterne. Assez sobre, elle ne posséde pas de vitraux. Des travaux de restauration sont entrepris en 1329, puis en 1592, et à de nombreuses reprises au cours du 18e siècle en raison de son état de délabrement avancé.
C’est finalement en raison de sa vétusté et du manque de place pour accueillir les paroissiens qu’il est décidé, en 1887, de faire construire, sur l’emplacement du bâtiment actuel, une nouvelle église. Plus grande et majestueuse, elle doit alors être susceptible de recevoir l’ensemble de la communauté des croyants en son sein.
Débats et déboires à l'occasion de la construction de la nouvelle église
Façade sud-est de l'église Saint-Maurice
© Association église Saint-Maurice
Les débats sont animés au sujet de la conception du projet de construction de cette nouvelle église Saint-Maurice. La commune doit acheter un emplacement de 280 m² venant s’ajouter au terrain qu’elle posséde dans le but d’y faire édifier le nouveau bâtiment. Ledit emplacement a pour avantage d’ouvrir et d’agrandir la place du chapitre et de jouxter le presbytère datant de 1845. La déclivité du terrain engendre une polémique car elle rend difficile l’orientation de l’édifice, dont le chœur doit se trouver à l’Est, selon la tradition chrétienne.
De nombreuses discussions se tiennent sur ce sujet sensible, entre la fabrique, la mairie et le comité diocésain. Monsieur Dugas, maire et président de la fabrique, souhaite installer l’église sur ce nouvel emplacement, alors que le comité diocésain s’y oppose, par peur des coûts supplémentaires occasionnés par une adaptation de la construction à la configuration du terrain. En outre, les Neuvillois, financeurs de la mise en œuvre du projet à hauteur d’un tiers du coût des travaux, menaçent de retirer leurs dons en cas de déplacement de quelques centaines de mètres par rapport aux dispositions initiales.
Tony Ferret, architecte diocésain, sait convaincre tous les protagonistes, en proposant les plans d’une église construite sur une crypte, permettant de surélever l’édifice et de s’adapter à la déclivité du terrain. Ce projet retient l’attention, et, après de longues discussions, la décision est enfin prise en 1888.
Les travaux s’échelonnent de 1889 à 1892. Tony Ferret est l’architecte du projet et André Antoine Mandy, entrepreneur domicilié à Ars, se voit confier la maitrise d’œuvre. Monsieur Mandy décéde le 17 octobre 1890 en tombant d’un échafaudage, ce qui interromp temporairement l’avancée des travaux du chantier. Son épouse accepte la responsabilité d’une reprise du cours de la construction, si bien que cette dernière est achevée en 1892.
un trio non-conventionnel pour allier classicisme néo-roman et originalité moderne
Vitrail de l'église Saint-Maurice
© Association église Saint-Maurice
Le soin apporté aux décors à l’intérieur de l’église est indéniable, et, si une partie de l’ornementation n'est jamais achevée, faute de moyens, il n’en demeure pas moins évident que les Neuvillois ont l’ambition que l’église Saint-Maurice soit un édifice religieux imposant et grandiose.
Le bâtiment de 40 mètres de long sur 15 mètres de large, dont le plan est en forme de croix latine, est pourvu d’un transept inscrit. Les contraintes inhérentes à l’étroitesse de la parcelle limitée par la présence de l’ancien presbytère accolé au terrain expliquent sans doute ce choix. La nef centrale est flanquée de collatéraux et se termine par une abside unique, avec une voûte en cul-de-four. Les voûtes d’arêtes des cinq travées, dont l’esthétique simple et épuré n’est pas sans rappeler l’art roman, sont soutenues par des arcs en plein-cintre et des arcs doubleaux, retombant sur des piliers et pilastres. L’église est pourvue également d’un clocher porche et d’une tourelle comprenant un escalier qui mène au clocher.
L’ensemble construit en pierres d’origines différentes, de Saint-Martin de Belleroche, Villebois, Ramasse, Fontvieille et Tournus a une silhouette homogène et harmonieuse.
À cette architecture d’inspiration romane viennent s’ajouter les vitraux du célèbre maître-verrier Lucien Bégule, artiste reconnu en France et à l’étranger. Son atelier lyonnais se voit confier la conception des vitraux de l’église Saint-Maurice de Neuville-les-Dames en 1891.
L’influence néo-romane des verrières de l’église est visible dans le dépouillement iconographique assumé, et dans le classicisme perceptible dans la représentation des personnages en pied, sur un soubassement de scènes historiées.
La thématique des vitraux est centrée sur la vie des saints, principalement celle des saints locaux tel que le Bienheureux-Pierre-Chanel et ceux vénérés au 19e siècle. La facture de ces vitraux est révélatrice de l’art du maître verrier, en ce qui concerne le rendu de la texture des étoffes et des modelés anatomiques.
À l’ornementation de l’église s’ajoute la présence de céramiques décoratives, rares dans la région et plus généralement dans les édifices religieux. Cette particularité inscrit l’église dans la fin de son siècle qui connait un fort engouement pour cet atour de terre cuite et d’émail.
L’église Saint-Maurice de Neuville-les-Dames renferme 96 céramiques décoratives réalisées dans l’atelier Perrusson & Desfontaines implanté à Ecuisse en Saône et Loire. Les motifs choisis sur catalogue apportent une touche de lumière qui réchauffe l’ensemble avec leurs couleurs chaudes et vives.
Si Tony Ferret et Jean-Marie Perrusson travaillent ensemble sur plusieurs chantiers, le trio formé avec Lucien Bégule est en revanche inédit.
Le résultat de cette collaboration en faveur de l’église Saint-Maurice est matérialisé par la réalisation d’un ensemble qui mêle un classicisme volontaire et assumé par le biais d’une architecture d’inspiration néo-romane, rehaussée par les céramiques décoratives, originalité subtile et moderne, inscrivant l’édifice dans son époque.
Céramiques décoratives : frise, métopes, horloge et rosace.
© Association Eglise Saint Maurice - Département de l'Ain / N. Prost
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2018/2019-L'Hymne à la joie de l'eau
Numéro de la fiche : 53
Légende : Photo d'intérieur du lavoir de Neuville les Dames (notes de musique dessinée sur les murs). Photo prise depuis l'extérieur par une fenêtre. Photo prise à contre jour pour accentuer les contrastes. Ajout d'une bordure floue avec le logiciel GIMP.
Type de support : photo
Format : jpg, Couleur
Taille ou durée : 5,43 Mo
Date de la prise de vue : 2019-04-20
Auteur : Soline MICHAUD
Etablissement scolaire : THOISSEY - Collège Bel Air
Nom du monument : Lavoir
Commune : Neuville-les-Dames (Ain, France)
Adresse : 01400 Neuville-les-Dames
Coordonnées WGS84 : 46.162502, 5.004635
Informations complémentaires : CATÉGORIE COLLÉGIENS
Année du concours : 2018/2019
Classement du jury : 8e
Classement des internautes : 1ère
Lavoir
Fiche édifice : 156
Commune : Neuville-les-Dames (Ain, France)
Rédacteur de la notice : vigier thierry
Type : Lavoir
Architecte : Abel Rochet
Autres intervenants : Mr Mazanon, entrepreneur
Fonction : A l'origine, ce bâtiment est construit pour créer un lieu commun pour laver le linge, pour les lavandières et femmes du village. Il est opérationnel jusqu'en 1950. Actuellement il fait l'objet de visites guidées conjointement avec celles du village.
Datation : 1877,4e quart 19e siècle
Description : C'est un bâtiment rectangulaire en pierre avec une toiture à deux pans (bâtière). Il est fermé par une grille en fer et éclairé par six fenêtres. A l'intérieur, deux foyers en brique permettaient de chauffer les lessiveuses. Dans le bac du lavoir, cinq rangées de pierre en escalier permettent de descendre au niveau d'un bras du cours d'eau, le Renon. Dans le mémoire d'Abel Rochet, il est stipulé l'utilisation d'un béton de chaux hydraulique pour le sol et la dalle contre le terrain pour barrage.
Matériaux gros oeuvre : Pierre taillée,Béton
Matériaux ouvertures : Pierre taillée
Matériaux couvertures : Tuile mécanique
Particularités : Nous pouvons trouver sur le mur intérieur de la bâtisse des carrés jaunes et bleus représentant des notes de musique (telles qu’elles figurent dans l’antiphonaire (recueil de chants Grégoriens des chanoinesses)). Elles évoquent «l’ode à la joie» écrit en 1785 par Schiller. Ludwig Van Beethoven décidera en 1820 d’inclure ces notes dans le dernier mouvement de sa symphonie N°9 adaptée pour des chœurs. Cette réalisation a été mise en œuvre par les jeunes bénévoles de l’association Concordia. Ils ont présenté le travail effectué aux Neuvillois, en organisant un concert de fin de chantier dans la musique de leur pays.
Historique : Ce bâtiment est construit en 1877 par l'entrepreneur Antoine Mazanon de Pont-de-Veyle avec des plans de Abel Rochet. Il est fonctionnel jusqu'en 1955 environ. Abandonné depuis, la municipalité demande en juillet 1998 l’aide aux bénévoles de l’association Concordia pour la rénovation du lavoir. En trois semaines, l’équipe de volontaires, composée de quatre jeunes Belges, de quatre jeunes Italiens, de six jeunes Français et tous accompagnés de trois animateurs, retire les détritus et désensable le centre du lavoir afin que l’eau du Renon puisse reprendre son écoulement. Dans le même temps, les murs sont rénovés et rejointés.
Geolocalisation WGS84 : 46.16215248250449, - 4.9982703384975435
Protection : Aucune
Documentation : Bâtiments communaux édifices le lavoir, , Archives départementales de l'Ain, 2 O 12; Lucien Charrin, Neuville-les-Dames, des origines à nos jours, Regain, 1993, Archives départementales de l'Ain, BIB TU 281; Edifices communaux, Le lavoir, Archives communales de Neuville-les-Dames, 1M1
Mairie-école, de garçon
Fiche édifice : 154
Commune : Neuville-les-Dames (Ain, France)
Rédacteur de la notice : vigier thierry
Type : Mairie-école
Architecte : Tony Ferret
Autres intervenants : Etablissements Verdeau (entrepreneur)
Fonction : C'est une mairie et une école primaire.
Datation : 1897,4e quart 19e siècle
Modifications : La jacobine en toiture de l'avant-corps central est supprimée ainsi que certaines cheminées.
Description : Le bâtiment de forme rectangulaire est composé d'un avant-corps central et de deux avant-corps latéraux. Le tout est édifié en pierres scellées au ciment, surmonté d'une charpente en sapin du Jura couverte de tuiles mécaniques. Un balcon en pierre de Villebois orne l'avant-corps central qui possède également trois motifs et une banderole de type Renaissance. Les linteaux de ses ouvertures sont soulagés par des arcs de décharge composés au deuxième niveau d'une clé de voûte et de briques. A l'intérieur, sur le perron et devant la cheminée en marbre de la salle du conseil, le sol est carrelé en carreaux issus de la fabrique Perrusson d'Écuisses.
Matériaux gros oeuvre : Pierre non taillée,Pierre taillée,Béton
Matériaux ouvertures : Pierre taillée,Métal
Matériaux couvertures : Tuile mécanique
Inscriptions : Au dessus de chaque porte des avant-corps latéraux est écrit : École de garçons. Au dessus du balcon sur l'avant-corps central, nous lisons : Liberté, égalité, fraternité.
Particularités : Sur la façade ouest, on peut observer des fenêtres borgnes en trompe l’œil, des décorations aux angles de mur et, sur le toit, la sirène.
Historique : C’est au cœur d’une querelle entre les deux parties (les royalistes et les républicains) que le projet de l’installation de la mairie-école voit le jour en 1895. L’architecte Tony Ferret, de Bourg-en-Bresse, est chargé de réaliser cette bâtisse avec l’entrepreneur Verdeau, d’Artemare, en 1896. La mairie-école est composée de trois classes au rez-de-chaussée, fonctionnelles en 1899, et seuls les garçons, à l’époque, sont acceptés ! La réception du public se fait au premier étage, dans une salle baptisée aujourd’hui Fernand Roux (ancien secrétaire de mairie puis maire de 1984 à 1995), proche de celle du conseil municipal située au centre du bâtiment. Deux appartements sont destinés aux enseignants jusqu’en 1991. Au départ de ces derniers, la mairie investit pour ses bureaux l'un des logements.
Geolocalisation WGS84 : 46.16249850366036 - 5.004714058799259
Protection : Aucune
Documentation : Edifices communaux et établissements publics., Archives communales Neuville les Dames, 1 M1; Bâtiments communaux édifices , Archives départementales de l'Ain, 2 O 11; Charrin Lucien, Neuville les Dames, Des origines à nos jours, Regain, 1993, Archives départementales de l'Ain, BIB TU281
Prieuré, le Chapitre
Fiche édifice : 113
Commune : Neuville-les-Dames (Ain, France)
Rédacteur de la notice : vigier thierry
Type : Prieuré
Fonction : Il ne reste de cet ancien prieuré que des maisons canoniales devenues des habitations privées.
Datation : Milieu du Moyen Age
Description : Une vingtaine de maisons entourent la place publique.
Historique : Grâce aux archives, on peut affirmer que le prieuré de bénédictines régulières date du 12e siècle. Ces femmes sont issues de familles nobles de la région. Il dépend de l'abbaye de Saint-Oyen de Joux (Saint-Claude dans le Jura). L'administration est bicéphale : un prieur nommé par Saint-Claude administre le temporel (les biens) et est seigneur haut justicier du village. Il accorde le placet, c'est-à-dire l’autorisation d’entrer au couvent, et distribue les prébendes en nature (revenus). Une prieure (supérieure du couvent), élue par ses pairs, gère le spirituel (office et vie à l’intérieur du couvent). Un ensemble de bâtiments constitue le prieuré : dortoir, réfectoire, salle capitulaire et cloitre, articulés autour d'une place nommée place du Chapitre, fermée par deux grilles. Une église romane paroissiale complète ce lieu dans laquelle se trouve la chapelle Sainte-Catherine, patronne des chanoinesses. Par la suite, les religieuses construisent successivement plusieurs églises accolées à l’église paroissiale. Vers 1650, une chapelle est construite mais sa vétusté nécessite son remplacement en 1757. Cette dernière ne résiste pas au temps et devient dangereuse, les moniales réintègrent l’église paroissiale. Finalement, en 1782, une nouvelle église Sainte-Catherine de style classique voit le jour, financée en partie par la loterie royale, sous Louis XVI. Des allées en brique relient chaque maison à l'entrée de l'église. Des bâtiments pour la vie en communauté sont complétés au fil du temps par des maisons particulières, érigées à partir du 14e siècle par ces chanoinesses, au détriment des bâtiments collectifs existants. Cela a pour conséquence la disparition du réfectoire, du dortoir, de la salle capitulaire ainsi que du cloître. Ces demeures s’appellent maisons canoniales (fiches 141,118, 128). Une salle capitulaire, lieu où se tiennent les chapitres (les réunions), est reconstruite en 1755. (Voir la fiche 141). En 1302, trente moniales sont répertoriées, le nombre maximum étant fixé à trente-trois. En 1700, trente chanoinesses vivent dans dix-sept maisons individuelles. Pour entrer au chapitre, il faut demander le placet (parfois à l’âge de sept ans) et présenter les preuves de ses origines nobles. Les familles apprécient ces couvents car cela permet à leurs filles de recevoir une bonne éducation, mais en échange il faut amener une dote. Les « tantes » accueillent les jeunes filles, puis à l’âge requis, elles réalisent le postulat avant le noviciat, puis la profession avec prononciation des vœux de la règle de saint Benoît (chasteté, pauvreté et clôture). Au décès de la tante, la nièce, si elle est professe, récupère la maison. A l’aube du 16e siècle, dix-neuf prébendes (revenus en froment, seigle, vin) sont distribuées aux plus anciennes chanoinesses. La doyenne ou prieure en obtient deux. La prieure est élue à vie et s’entoure des quatre chanoinesses les plus âgées. Elle nomme la chantre (assurant les chants dans les offices liturgiques), la secrette ou sacristaine (prenant soin des ornements sacrés), l’infirmière, la portière et le marguillier (sonneur de cloches et fossoyeur). Jusqu’en 1710, le prieur nomme la cellière (responsable de la nourriture). Ces dignitaires touchent une prébende et demie. La prieure préside les nombreux offices, organise la tenue régulière des chapitres et s’assure de la bonne conduite des religieuses. En effet, ces dames ne respectent plus la règle de saint Benoît quant à la clôture, aux sorties et aux présences des offices. Le prieur condamnant leur attitude, elles écrivent un coutumier leur permettant d'exprimer leur souhait sur leur façon de vivre. Ce manifeste s’est perdu et n’a jamais été validé par l’abbaye de Saint-Claude. Mais les chanoinesses se sont appropriées leurs propres usages en allégeant la règle de saint Benoît. En 1710, il n’existe plus de prieur masculin. Les chanoinesses deviennent « seigneur » de Neuville. Elles récupèrent les dîmes, la haute justice, et la gestion de tous les biens mobiliers et immobiliers. La prieure gère alors les prébendes et les méparts (revenus en argent à distribuer à certaines chanoinesses). L’argent provient des familles qui paient « un droit d’entrée », des biens que le chapitre possède et des fondations (legs qui engendrent la tenue de messes en l’honneur des défunts). Suite à de longues discussions, le prieuré est sécularisé en 1755 et les religieuses sont nommées comtesses-chanoinesses par Louis XV. Il les autorise à porter une croix. Seule la prieure est contrainte de respecter le vœu de chasteté. Les familles nobles de la région, voire plus, réservent dès la naissance des places pour l'éducation de leurs filles : famille de Saxe, de Choiseul, de Beaurepaire, de Brosses, Sophie de Grouchy, future Madame de Condorcet... Les biens du chapitre évoluent grâce à cet engouement. En 1755 et jusqu’en 1791, vingt chanoinesses touchent une prébende. En 1791, soixante-deux femmes vivent au chapitre dont trois dignitaires, dix-huit prébendées, douze semi-prébendées, douze en expectative de toucher une prébende et dix-sept demoiselles brevetées. Pendant cette période faste, le chapitre s'est agrandi jusqu'à compter vingt-cinq maisons canoniales, dont certaines sont remarquables et font la richesse actuelle du lieu. En 1793, lors de la Révolution, l’église Sainte-Catherine est détruite, annonçant la fin du chapitre. Les maisons canoniales deviennent biens nationaux et sont vendues aux enchères si les propriétaires ont émigré. A cette époque, l'église paroissiale romane Saint-Maurice perd son clocher, reconstruit en 1817. En 1889, trop vétuste, trop petite, elle est détruite et remplacée par une église néo romane (fiche 116).
Geolocalisation WGS84 : 46.162539854878915 - 5.002627789748431
Protection : Aucune
Documentation : Sandrine Lamende, Les chanoinesses de Neuville-les-Dames de 1755 à 1790, 1997, Archives départementales de l'Ain, BIB TU 351; Lucien Charrin, Neuville-les-Dames, des origines à nos jours., Regain, 1993, Archives départementales de l'Ain, BIB TU 281
Eglise, Saint-Maurice
Fiche édifice : 116
Commune : Neuville-les-Dames (Ain, France)
Rédacteur de la notice : vigier thierry
Type : Eglise paroissiale
Architecte : Ferret Antoine (Tony)
Autres intervenants : Mandy André Antoine (entrepreneur), Bégule Lucien (peintre-verrier), Perrusson et Desfontaines (céramistes)
Fonction : Ce bâtiment a une fonction cultuelle, utilisé pour tous les offices religieux, et culturelle lors de concerts et autres manifestations (visites commentées du bâtiment, des vitraux, des céramiques) en complémentarité du patrimoine du village. La crypte sert de lieu de culte, l'hiver. Il existe trois salles de réunions pour différentes activités : chorale, atelier rénovation des statues, et une chaufferie.
Datation : 1889,4e quart 19e siècle
Description : Eglise de style néo-roman, orientée est/ouest, construite en partie sur une crypte pour compenser le dénivelé du terrain. Des pierres d'origine différente constituent cet édifice en croix latine avec transept inscrit. Une nef centrale, deux nefs latérales et trois tourelles complètent cette construction, ainsi qu'un clocher porche comportant deux horloges en céramique Perrusson et Desfontaines. De plus, 96 céramiques proviennent de la même fabrique et 18 vitraux de Lucien Bégule ornent cet édifice. Dans la crypte, 3 vitraux contemporains de 1983 ont été réalisés par le peintre verrier Claude Baillon. Précisions sur les dimensions de l'église : hauteur à l'avant = 15,70 m hors clocher, à l'arrière 22 m ; hauteur à l'intérieur du transept = 11,70 m, nef centrale = 12,70 m, nef latérale = 7,70 m, chœur = 11,70 m. L'abside présente un diamètre de 7 m.
Matériaux gros oeuvre : Pierre non taillée,Pierre taillée,Métal,Brique,Bois
Matériaux ouvertures : Pierre non taillée,Pierre taillée
Matériaux couvertures : Tuile plate,Ardoise
Particularités : Les éléments en céramique sont : les deux horloges, les fleurs de lys et 28 métopes pour l'extérieur ; 68 métopes et rosaces et une tribune ornée d'un bandeau pour l'intérieur. Ils ont été réalisés dans l’atelier Perrusson-Desfontaines implanté à Ecuisse en Saône-et-Loire. Les 18 vitraux sont de belle facture, commande unique réalisée par Lucien Bégule, peintre-verrier lyonnais. L'iconographie est régionale et locale, avec comme particularité, une saynète historiée sur la majorité des vitraux en soubassement. Dans la crypte, trois vitraux contemporains ont été réalisés et installés en 1986 par Claude Baillon de Millau. A noter que sur 24 chapiteaux, 12 sont sculptés, la finition de l'église n'ayant pas aboutie. Plusieurs éléments ont été protégés au titre des Monuments historiques à deux dates différentes : une cloche le 20 septembre 1943 et le 14 décembre 2000 : le tabernacle et l'autel de la chapelle Saint-Maurice, le tabernacle et l'autel de la chapelle de Marie, le tabernacle de la crypte, les stalles dans le chœur de l'église, une cloche posée au sol, une chasuble.
Historique : Consacrée en 1892, l’église Saint-Maurice de Neuville-les-Dames fut édifiée pour remplacer l’église paroissiale jusqu’alors située au centre de la place du Chapitre. Datant du 12e siècle, cette dernière fut détruite car jugée trop exiguë et vétuste. Certains matériaux provenant de ce bâtiment ainsi que de l’église des chanoinesses détruite à la Révolution furent réemployés pour la construction du nouvel édifice (les marches en pierre, des bois de charpente en chêne, les stalles des chanoinesses visibles dans le chœur). L’orientation inversée (est-ouest) s’explique par la prise en compte de la déclivité du terrain, qui rendait difficile l’orientation ouest-est traditionnelle. L’architecte diocésain Tony Ferret, proposa un plan qui ménageait la réalisation d’une crypte sous le corps de l’édifice, susceptible de compenser la déclivité ci-dessus évoquée. Les plans de Tony Ferret acceptés, les travaux purent débuter en 1889, pour s’achever trois ans plus tard, permettant d’inscrire l’édifice dans son contexte topographique.
Geolocalisation WGS84 : 46.1624985724538 - 5.002191066741943
Protection : Aucune
Documentation : Lucien Charrin, Neuville les Dames des origines à nos jours, Regain, 1993



Les vitraux de l'église Saint-Maurice de Neuville-les-Dames
La restauration de vitraux