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Session 2 : Gestions et usages des patrimoines de l’eau

Face au manque d’eau en cours, les regards se tournent vers le potentiel de certain patrimoine hydraulique. Mais leur réactivation pose question. Des normes de sécurité jusqu’à la réponse technique, leur fonction, leur usage et leur forme architecturale se transforment, interrogeant ainsi la valeur/la définition d’un patrimoine à transmettre et préserver.

 

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Lavoir de Drom

Conférence - L'eau au cœur de la Réserve Naturelle Nationale du Marais de Lavours : de sa formation à aujourd'hui

Maud Fourest
Educatrice nature à la Maison du Lavours

 

Situé au pied du Grand Colombier et en bordure du Rhône, le marais de Lavours constitue l’un des derniers grands marais de plaine d’Europe de l’Ouest. Lors de la dernière glaciation du Würm, la rencontre des glaciers du Rhône et de l’Isère, puis leur fonte, créent ici les conditions de formation d’un grand marais et d’une tourbière en son centre, régulièrement alimentée par les crues du Rhône.
Les premières traces de présence humaine remontent au Néolithique, s'en suit dès le Moyen-âge une exploitation agricole traditionnelle des prairies du marais (fauche manuelle, pâturage extensif), rendue plus aisée par le creusement des premiers drains. S’il s’agit là de la première étape dans la dégradation du marais, c’est dans les années 60 que tout s’accélère : Les aménagements hydrauliques sur le Rhône et le Séran (endiguement, rectification des berges), et l’apparition d’une agriculture intensive (creusement mécanique de nombreux et profonds drains) ont mis en péril ce marais en l'asséchant.
En effet, cette lutte pour drainer l’eau du sol, en accélérer l’écoulement, et bloquer les inondations a rapidement modifié le biotope et enclenché la disparition d’une partie de la faune et de la flore typique du marais. Le signal d’alarme tiré par la communauté scientifique et naturaliste aboutira, après d’âpres négociations, à la création en 1984 de la Réserve Naturelle Nationale du Marais de Lavours. Elle protège 474 hectares sur les milliers que comptaient le marais auparavant.
Les plans de gestion successifs mettront en avant la nécessité de restaurer l’hydrologie du marais pour permettre le maintien de la biodiversité. Plus largement, les politiques publiques modernes prennent désormais en compte la gestion de l’eau à l’échelle plus pertinente du bassin versant et mènent des chantier de restauration de cours d’eau et de zones humides via la compétence GEMAPI (GEstion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations).
En 2001, la Maison du marais est créée pour informer et éduquer au patrimoine biologique et culturel du marais. Plus largement, ses missions visent à sensibiliser à la protection des zones humides, à leur biodiversité et à la préservation de la ressource en eau.

 


Table ronde

Ayda Alehashemi, chercheuse associée à IPRAUS


Ayda Alehashemi
Chercheure associée à IPRAUS – ENSA Paris-Belleville, co-responsable de la Chaire « Architectures de l’eau, villes et paysages », et coordinatrice du Projet POPSU-Territoires « Partage de l'eau en Clunisois ».

 

Ayda Alehashemi est architecte et paysagiste. Elle a obtenu en 2015 son doctorat en architecture et est actuellement enseignante-chercheuse à l’École nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais (PSL) en France, où elle codirige la Chaire Architectures de l’eau, Villes et Paysages avec Jean-François Coulais. Spécialiste des interactions entre systèmes hydrauliques et établissements humains, elle a commencé ses recherches en Iran dans le cadre de sa thèse consacrée aux systèmes hydrauliques de Téhéran, avant d’élargir ses travaux à l’Ouzbékistan, l’Inde, le Maroc, la France et l’Italie. Depuis 2021, elle est également chercheuse associée au laboratoire IPRAUS de l’ENSA Paris-Belleville.

 

 

 

Benjamin Bulle
Ex-chargé de mission à la fédération de pèche de l'Ain, ex-chargé de la politique de l'eau au Département de l'Ain, fondateur du Fond pour la Conservation des Rivières Sauvages.

 

Plaine, Montagne, terrain alluviaux, Karst, hydroélectricité, fleuves, rivières, gravières, moulins, lacs, irrigations, rectification de cours d’eau, étang d’autres… pèle mêle l’Ain est une terre d’eau, une terre d’excellence pour former à ses usages et à son patrimoine quiconque y séjourne avec suffisamment de curiosité.
Hydrobiologiste formé à l’université de Besançon, Benjamin BULLE a travaillé dans le département de l’Ain autour de l’eau sous différents prismes.
D’abord au sein de la fédération de pêche où il a œuvré à la protection des milieux aquatiques pendant 10 ans, il a ensuite travaillé à l’Agence de l’eau où il s’est formé aux problématiques liées à l’eau potable, à l’assainissement et à la conduite de la politique de l’eau en France.
A la rencontre de ces deux missions, il a ensuite assuré le poste de chargé de la politique de l’eau au sein du Département de l’Ain où, durant 10 années, il a pu apporter son regard d’homme de terrain acquise auprès des pêcheurs dans les instances départementales. A la fin de ce parcours, il a notamment participé à initier la démarche l’eau de l’Ain conjointe Département / Préfecture.
Il connait bien les enjeux de l’eau dans ce département d’exception avec des connaissances dans les domaines de la Protection de l’environnement, développement des territoires et des usages et techniques liées à l’eau.
Mais l’eau donne obligatoirement une teinte particulière à ces connaissances. Impossible de parler de l’eau sans tremper dans son histoire. L’histoire de son parcours sur les territoires, dans la roche, dans les champs, avant d’atteindre une rivière. Son histoire lors des différents évènements qu’une rivière a vécue, détournement, recoupement de méandre, artificialisation, renaturation. Ses histoires, celles racontées par ses habitants, humains, poissons et légendes.
En parallèle il a participé à la création du fonds de dotation pour la conservation des rivières sauvages. Ce fonds vise à promouvoir la protection des rivières les plus préservées par les riverains eux même via un label, le label « site rivière sauvage ». Voulu à horizon européen, ce label a tout d’abord une portée nationale. Il n’est pas une mise sous cloche ni imposé par les services, il s’agit avant tout d’une volonté locale de mettre en valeur et préserver ce patrimoine naturel d’exception. Protéger une rivière pour ce qu’elle est, un patrimoine qui se transmet.

 

 

Stéphane Gardien, Naturaliste Ainstants Nature


Stéphane Gardien
Naturaliste, AINSTANTS NATURE

 

Après des études universitaires en sciences naturelles/sciences de l'environnement et une carrière dans l’Éducation Nationale, Stéphane Gardien a retrouvé le chemin de la nature (qu'il n'avait jamais vraiment quitté), d'abord en tant que chargé de mission biodiversité au sein de FNE Ain (ex FRAPNA Ain), puis en tant qu'auto-entrepreneur avec Ainstants Nature qu'il fonde en 2020. Ce mini bureau d'étude accompagne les collectivités, les associations et les structures dans un large panel de compétences allant de la botanique à l'entomologie.

 

 

 

Jean-Baptiste Marie, Docteur en aménagement et architecture, Professeur des Ecoles nationales supérieures d'architecture, directeur général du GIP Europe des projets architecturaux et urbains.


Jean-Baptiste Marie (Modérateur)

 

Titulaire d'un diplôme d'architecte de l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles et d'un diplôme de designer de l’École Boulle, docteur en aménagement et architecture de l'université de Paris-Saclay, Jean-Baptiste Marie assure la direction générale de l’Europe des projets architecturaux et urbains. L’Epau opère des programmes de recherche et d’expérimentation tels que la Plateforme d'observation des projets et stratégies urbaines (POPSU), le programme de recherche-embarquée Coubertin sur les jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, mais également le concours d'architecture Europan, le programme Engagés pour la qualité du logement de demain ou encore la consultation internationale Quartiers de demain. Professeur des écoles nationales supérieures d'architecture, il a enseigné de 2011 à 2024, dans les ENSA de Versailles, de Normandie, puis de Clermont-Ferrand. Aujourd'hui, il préside le Conseil d'administration de ENSA de Normandie et enseigne à l’École Polytechnique. Il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages sur l'architecture et les villes au XXème siècle et a récemment publié : Architectes et ingénieurs face au projet aux Éditions du Moniteur.

 


Bon à savoir

 

La captation audio de cette session sera disponible sur cette page ultérieurement.