Session 3 : Les représentations de l’eau, rôle et enjeux

La représentation de l’eau, souvent réduite à un « trait bleu » sur une carte, peut jouer un rôle pour transformer notre regard et notre conscience d’une eau à la fois solide, liquide, aérienne, ou souterraine dont l’impermanence et la raréfaction en cours mobilise des questions de préservation patrimoniales à réinterroger.

 

Plan de la Veyle, Archives Départementales de l'Ain (jpg - 17 Ko)

Plan de la Veyle

Conférence - La rivière, le trait bleu et au-delà

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Jean-Paul Bravard

Jean-Paul Bravard
Professeur émérite de géographie

 

Jean-Paul Bravard, professeur émérite de géographie, a enseigné dans les universités Jean-Moulin - Lyon 3, Paris 4 - Sorbonne puis Lumière - Lyon 2. Il a été membre senior de l’Institut universitaire de France. Sa spécialité est la géographie environnementale et l’aménagement du territoire, en particulier dans les domaines de la morphodynamique fluviale, de l’aménagement des rivières, des impacts des travaux et des remèdes à leur dégradation. Il a publié de nombreux articles et ouvrages sur la question.

 

A la fin des « trente glorieuses », l’importance des ouvrages hydrauliques réalisés en travers et le long des rivières a été rendue responsable d’impacts plus ou moins sévères sur les eaux courantes. Des programmes de recherche, lancés à la fin des années 1970 sur plusieurs bassins français, ont permis de mieux comprendre les interactions entre les cours d’eau et leur environnement dans la rivière et au-delà du simple linéaire aquatique (le trait bleu de la carte). Le point de départ théorique a été la notion d’hydrosystème (1982), qui prend en compte la rivière de l’amont vers l’aval, sa plaine latérale (le lit majeur) et les eaux souterraines ; la quatrième dimension est le temps avec l’inscription de métamorphoses fluviales provoquées par des changements climatiques et des actions humaines. Chacun des secteurs d’un hydrosystème s’inscrit dans un cadre dynamique, celui d’un bassin versant drainant de l’eau, des sédiments et des matières en solution vers la mer. La recherche s’est tournée vers des applications qui ont rapidement été mises en oeuvre par les services chargés de la gestion des cours d’eau. Ce sont, par exemple, « l’espace de liberté » (1990), « l’espace de bon fonctionnement » (2005) et la « continuité écologique » (2010). La complexité des variables naturelles en jeu entre la source et l’exutoire d’un fleuve explique l’extrême diversité des paysages de l’eau et de ses marges. Une bonne gestion devrait autant que faire se peut comprendre et respecter la diversité des formes de l’eau fluviale qui constituent un patrimoine naturel unique et difficilement remplaçable. La question se pose cependant de la protection ou de la suppression d’ouvrages hydrauliques construits par les humains dans le passé. Il s’agit aussi d’un patrimoine qui mérite le plus grand respect.

 


Table ronde

 

Rémi Masson

Plongeur Photographe

 

Originaire d’Annecy, il explore depuis plus de 25 ans les eaux douces de sa région natale pour en révéler par l’image les beautés cachées. Pour une approche plus naturelle du milieu aquatique il plonge exclusivement en apnée. Après avoir obtenu un master de biologie à l'Université de Grenoble, dans le but de faire mieux connaître ce monde familier mais encore méconnu des eaux douces, il a d'abord travaillé avec la presse magazine (GEO, Terre sauvage, BBC wildlife magazine...) puis participé, en tant que réalisateur, cadreur subaquatique, intervenant et/ou conseiller à la réalisation d'une cinquantaine de documentaires TV pour les chaines ARTE, TF1, France 5, Ushuaïa TV, Canal +, France 2, France 3, NDR et WDR Allemagne, NHK Japon, National geographic, la BBC...

Ses immersions dans des endroits souvent peu explorés sont l’occasion d’en apprendre plus sur le comportement de certains poissons d’eau douce. En 2011, en collaboration avec le chercheur Frédéric Santoul de l’Université de Toulouse, il publie ainsi la première étude scientifique sur le phénomène des rassemblements de silures dans le fleuve Rhône, plus importante masse de poissons d'eau douce réunis jamais décrite au monde. Il collabore aussi régulièrement avec d'autres chercheurs ainsi que des archéologues pour mettre en images ce qui se cache sous la surface.

Son travail photo a été récompensé par plus d’une vingtaine de prix internationaux et fait l’objet de 4 livres :  « Les mille vies du castor » (La Salamandre éditions, 2024), « Grands Lacs Alpins » (2023), « L’homme silure » (2020) et « Eaux douces des Alpes » (Biotope éditions, 2013).

Site internet : https://www.remimasson.com/

 

Pierre Lévisse

Responsable de pôle Développement Durable, Communauté de commune de la Dombes.

 

Diplômé en écologie. Responsable du pôle Développement Durable à la Communauté de Communes de la Dombes depuis 2017 après 13 ans au sein de Parcs Naturels Régionaux en charge d’action de préservation de la biodiversité et de mesures agro-environnementales. Il intervient actuellement dans l’élaboration de projets de préservation du patrimoine naturel et culturel de la Dombes par la mise en œuvre de programmes tels que : Natura 2000, label Ramsar, Mesures-Agro-Environnementales, Projet de Territoire pour la Gestion de l’Eau…

 

Photographie Capucine Poinsignon, architecte DE



Capuci
ne Poinsignon

Architecte DE, doctorante à l'Université Grenoble Alpes au laboratoire AE&CC (Architecture, Environnement & Cultures Constructives) de l'ENSA Grenoble.

 

Architecte diplômée d’état, Capucine Poinsignon est doctorante de l’Ecole doctorale Sciences de l’Homme du politique et du territoire de l’Université Grenoble Alpes, au laboratoire Architecture Environnement & Cultures Constructives (AE&CC) de l’ENSA Grenoble et mène sa thèse par convention CIFRe (Convention Industrielle de Formation par la Recherche) à la Direction des Patrimoines et des Musées de l’Ain depuis février 2023.
Son travail porte sur la construction de méthodes et d’outils qui permettent d’inclure les édifices hydrauliques dans les systèmes territoriaux à partir du dessin-redessin (Cankat,2018) à toute échelle d’un corpus issu des dispositifs rencontrés sur le terrain jusqu’à ceux représentés sur les cartographies anciennes pour en produire une nouvelle connaissance. Elle a notamment participé à la construction et au suivi du recensement des patrimoines hydrauliques du Département de l’Ain et à la réalisation d’une cartographie qui révèle leurs logiques d’implantation par rapport aux eaux de l’Ain, qu’elles soient eaux de surface, eaux souterraines, ou encore aériennes.

 

 

Marina-Pia Vitali, Directrice des Patrimoines et des Musées de l'Ain

 

Marina-Pia Vitali (Modératrice)
Directrice de la Direction des Patrimoines et des Musées 01

 

Diplômée en histoire de l’art de l’université de Tours et du CREOPS de la Sorbonne, Marina-Pia Vitali a travaillé pour les musées de la Ville de Paris, le Centre des monuments nationaux, le musée du Louvre, le musée d’Orsay et a enseigné à Sorbonne Université et à l’École du Louvre en muséologie. Elle a choisi en 2022 de prendre la direction des Patrimoines et des Musées du Département de l’Ain en continuant à œuvrer pour la valorisation des collections, la médiation, la conception universelle et les approches sensibles.

 

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Bon à savoir

 

La captation audio de cette session sera disponible sur cette page ultérieurement.