Bourg-en-Bresse dans l'histoire

Ville chef-lieu du département de l’Ain, Bourg-en-Bresse s'est développée à la croisée des grandes régions naturelles du département : Bresse, Dombes et Revermont, et au carrefour des grands axes routiers et ferroviaires conduisant à Lyon, Mâcon, Genève ou Paris. Son histoire se lit dans la pierre de ses remarquables édifices religieux, civils et hospitaliers, comme dans ses quartiers anciens où les maisons à colombages et briques côtoient d’élégants hôtels particuliers.

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Hôtel Marron de Meillonas, escalier d'honneur

Des origines au royaume de France

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Plan de la citadelle de Bourg-en-Bresse bâti en 1569

Lieu de passage dès la plus haute antiquité, les premières traces d'occupation humaine sont attestées par le matériel trouvé lors de fouilles anciennes sur le site actuel de Brou et sur celui du château médiéval. Au cours de la période gallo-romaine, deux zones d’habitat coexistent : un village à Brou autour d’un fanum (terrain ou édifice consacré aux divinités) et un fortin, transformé ensuite en château, à l’emplacement de l'actuelle place des Lices.

Bourg proprement dit se développe autour de son château élevé sur une hauteur. Au 13e siècle, les puissants sires de Bâgé s'y installent. La première charte de franchises concédée à la ville en mars 1251 apporte quelques libertés aux habitants. Le mariage entre Sybille de Bâgé et le comte Amédée de Savoie en 1272 scelle l'histoire de Bourg à celle de la Maison de Savoie : la ville devient un centre d’artisanat important, frappe monnaie et son commerce est florissant.

Trois enceintes fortifiées protègent les maisons autour du château féodal. Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie, qui veut doter la Bresse et sa capitale d’une place forte capable de résister aux ambitions du roi de France, décide la construction d’une citadelle achevée en1590 après 30 ans de travaux. De forme pentagonale avec de larges fossés et des angles renforcés par cinq bastions, elle résistera aux ambitions françaises jusqu'au rattachement des pays de Bresse, Bugey et Gex au royaume de France en 1601. La confirmation du statut de capitale administrative de la ville arrive avec la paix et la relative prospérité qui en découle. La citadelle est démolie à partir de 1611 pour permettre d'agrandir la ville.


Habiter la capitale bressane

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Maison Gorrevod, rue du Palais

En ce début de 16e siècle, la ville connaît une série d’événements qui vont marquer son évolution et son aspect. Le siège de la paroisse est transféré de Brou au centre où Jean de Loriol commence la reconstruction de l’église Notre-Dame (1506). Au même moment Marguerite d’Autriche, veuve de Philibert le Beau entreprend la construction de l’église-mausolée et du monastère de Brou.

Le vieux Bourg conserve de nombreuses maisons à colombages aux étages bâtis en surplomb au-dessus de la rue, témoins de ce temps où les ducs de Savoie avaient voulu en faire leur capitale. La remarquable maison Gorrevod, classée au titre des monuments historiques, présente un rez-de-chaussée aux larges ouvertures en plein cintre qui supporte deux étages en encorbellement posés sur d’imposantes poutres de chêne. Les détails très raffinés de sa façade, en particulier les multiples colonnettes en bois sculpté et les traverses rainurées, les briques de remplissage positionnées à plat ou en arrêtes de poissons, montrent l’opulence de son propriétaire.

Dans la maison Renaissance du 16e siècle, les pans de bois sont remplacés par la pierre et la brique. Habitation cossue, elle comprend deux corps de logis séparés par une cour intérieure. Ils sont éclairés par des fenêtres à meneaux moulurés et plafonnés à la française. La cour comporte un puits et une tourelle abritant un escalier à vis. Plusieurs maisons en témoignent encore dans les rues Victor Basch ou Teynière.

Affichant la fin des luttes d’influence entre catholiques et protestants, le collège des Jésuites et sa chapelle témoignent de leur prééminence dans l’enseignement en cette fin de 17e siècle. D'harmonieux hôtels particuliers de style classique ou régence apparaissent. Construits en pierre de taille par de nobles familles burgiennes, ils marquent les quartiers Bourgmayer ou Teynière. Les hautes baies bien ordonnancées éclairent largement les salons, les grilles en ferronnerie ouvragée bordent les larges escaliers ou les balcons. L'Hôtel de Ville et son fronton triangulaire aux ornements sculptés (1761-1771), l'Hôtel rocaille Marron de Meillonnas (1774), l'Hôtel de Bohan (1730-1740) à trois niveaux avec combles à la Mansart, ou encore l'Hôtel de Loras (1771) avec sa façade en pierre de taille avec soubassement à bossages, en sont de beaux exemples.


Accueillir les pauvres et soigner les malades

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Façade de l'Hôtel-Dieu, boulevard de Brou

Plusieurs hôpitaux existaient à Bourg dès le 13e siècle. La taille modeste de l’hôpital Sainte-Marie édifié en 1652 dans le centre de la ville ne permet plus de soigner correctement le nombre croissant de malades. La municipalité vote en 1774 le transfert et la construction d’un Hôtel-Dieu avec apothicairerie à bâtir hors les murs au bord de la Reyssouze sur l’ancien chemin de Brou. Il est géré par les sœurs de l’ordre de Saint-Augustin.

Un imposant bâtiment est proposé par l’architecte comtois Pierre-Adrien Paris de 1781 à 1787. Il comporte un corps principal de près de 80 m de long avec une chapelle de style néoclassique au centre de sa façade. Son dôme en tambour sera reconstruit à l’identique après un incendie en 1849. L’hôpital s’organise autour d’un cloître au sud et adopte un plan en peigne au nord. A l’est, il abritait une immense salle des malades aux dimensions impressionnantes (78 m de long et 5 m de haut) qui n’existe plus aujourd’hui suite aux récents aménagements. A l'intérieur du bâtiment central, un majestueux escalier à double volée en pierre avec rampes en fer forgé conduit à l'étage; sur le palier, sont conservées deux monumentales armoires en noyer du 18e siècle.

Bien que l’Hôtel-Dieu ait subi des modifications architecturales au fil du temps, l'apothicairerie est toujours restée à sa place. Elle comporte trois pièces en enfilade : un laboratoire resté intact, une arrière-boutique destinée à recevoir et répartir les plantes et remèdes, et une officine dotée d’élégantes boiseries de style Louis XV et très nombreux pots en faïence de Meillonnas, flacons de verre et boîtes. Le laboratoire a gardé fourneaux et alambics, balances, mortiers et de multiples récipients en étain ou en cuivre nécessaires à la préparation des médicaments.

Les religieuses resteront au service de l'hôpital jusqu'au début des années 1970. L’Hôtel-Dieu garde toujours aujourd’hui sa fonction hospitalière en abritant un centre médical pour personnes âgées.

Visite virtuelle et découverte complète de l'Hôtel-Dieu et de l'apothicairerie

Vidéo "Pharmacie à l'ancienne à Bourg-en-Bresse"


L’Hôtel du Département

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Hôtel du département, façade sur la cour d'honneur

La première préfecture de Bourg-en-Bresse se situait dans l’ancien Hôtel de Province qui abrite aujourd’hui l’Hôtel de Ville. Dès 1853, devant l’exiguïté de ses locaux, le préfet décide de construire un nouveau bâtiment plus haut dans la ville dans le clos Durand. Le projet est confié à l'architecte départemental Charles Martin qui choisit un plan classique en U permettant d’aménager une vaste cour d’honneur entourée de trois corps de bâtiment en pierres de taille. Détruits par un incendie en 1885, ils sont reconstruits peu de temps après de manière presque identique par Tony Ferret, tout juste nommé architecte du Département. La façade principale de style Renaissance présente un pavillon central avec colonnes, frontons et balustrade. Son toit, rehaussé à la reconstruction, est orné d'une horloge monumentale flanquée des statues allégoriques de l’agriculture et de l’industrie, œuvres du sculpteur Jean-Paul Aubé. Les deux ailes sont de facture plus sobre. A l'arrière un grand parc arboré est dessiné par les Luizet, paysagistes de renom. Ils se sont inspirés des parcs anglais émaillés de lieux pittoresques : un lac alimenté par les eaux du ruisseau du Cône, une grotte de fraîcheur, une cascade…

Dans le hall d'entrée, la porte du salon est surmontée des armoiries des anciennes provinces de l'Ain. Deux plaques en marbre rouge commémorent la reconstruction du bâtiment après l'incendie de 1885. Le salon est habillé de boiseries néoclassiques et d'un plafond à caissons décoré de griffons ailés et des armoiries des principales villes du département. La salle des sessions du conseil départemental possède également un plafond à caissons orné d'armoiries : celles de la République Française et des anciens arrondissements et cantons de l'Ain. Le peintre lyonnais Louis Bardey signe le tableau de Marianne en 1888 placé au-dessus de la cheminée.

Le parc de la Préfecture


Bourg entre dans le 20e siècle

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Le haut de l'avenue Alsace-Lorraine, fin du 19e siècle

Avec la fin du 19e siècle, apparaît un urbanisme programmé. Sur le haut de la ville, le quartier du Plateau près de la gare est aménagé. L'avenue Alsace-Lorraine, une nouvelle large artère est percée à partir de 1895 à l'instigation du maire Jean-Marie Verne pour permettre une circulation plus aisée, l'installation d'un égout collecteur, et offrir des logements plus spacieux et des espaces commerciaux. A la place des anciennes maisons démolies, on édifie des immeubles cossus en pierre aux façades avec balcons et fenêtres bien alignées, certains avec des rotondes aux angles.

Le cours de Verdun aménagé ouvre une autre perspective dans le centre avec l'édification du théâtre, dévasté suite à l'incendie de 1895. L'architecte départemental Tony Ferret est appelé pour le reconstruire et édifier aussi la salle des fêtes et la Grenette sur le site de l'ancienne halle aux grains du 18e siècle.



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Office de tourisme de Bourg-en-Bresse Agglomération
6 avenue Alsace-Lorraine
01000 Bourg-en-Bresse

Plan et itinéraire

A lire sur le sujet

Bourg-en-Bresse dans l'histoire, Office municipal de la Culture, 1993

Richesses touristiques et archéologiques de la ville de Bourg-en-Bresse, Les amis du vieux Bourg, 2003