Fête agricole de la Saint-Martin

Organisée les 11 et 12 novembre pour célébrer saint Martin de Tours (11 novembre) et le pape Martin Ier (12 novembre), la Saint-Martin était autrefois l’occasion pour les valets et les servantes de ferme de changer de maîtres et de se « louer » à d’autres.

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La louée

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Bourg. La foire. Carte postale. Louis Montbarbon, édition.

Après avoir rencontré leur maître et reçu leurs gages, les domestiques se rendent à la louée, foire à l’embauche à ciel ouvert sur les places des villages, où leurs futurs maîtres viennent les examiner.

En Bresse, le chef-lieu Bourg-en-Bresse a progressivement centralisé la louée. D’une région de France à l’autre et selon les époques, la date de la louée varie. Chaque village devait pouvoir décider de sa propre date : Saint-Etienne-du-Bois le 5 novembre, Marboz le 25 octobre.

Apparaissant au Haut Moyen-Âge, fêtée jusqu’à la fin de la Grande Guerre, la Saint-Martin subsiste aujourd’hui. Toujours célébrée en Bresse le 11 novembre, elle correspond encore au versement de certaines redevances telles que les baux et fermages. 

De nos jours, elle reste une fête populaire importante qui donne invariablement lieu à une grande fête foraine avec des attractions.

 


Les Zets et Zettes

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La San Martin, Zet et Zette. Carte postale. Cliché JB Tournassoud

Le lendemain de la louée, les Zets et les Zettes, noms donnés aux jeunes gens et jeunes filles de ferme, diminutifs de Joseph et Josette, profitent de leur seul véritable jour de « liberté ».

Ils se rendent à la grande vogue (fête foraine) de Bourg-en-Bresse en se donnant le petit doigt comme l’exige la coutume.

C’est l’occasion d’acheter des marrons, de faire quelques emplettes de lingerie et de découvrir les nombreuses activités animées par les blanquis, tenanciers de baraques foraines, tels que les arracheurs de dents, les Hercules, les phénomènes...


Repas et chanson de la Saint-Martin

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Chanson de la Saint-Martin. Carte postale. L. Ravier, édition. Cliché F. Ballet

En général, tout commence par un bon repas comme l’indique la chanson La Fazche de la Sè Martin (La Foire de la Saint-Martin) en patois bressan :

« Mé pre bien quemèche lo féta
Alin nous zè va bien gueuto »
« Mais pour bien commencer la fête
Allons-nous en bien manger »

Ce jour-là, les domestiques mangent l’oie et goûtent le vin nouveau.

La Saint-Martin est également pour beaucoup une chanson qui a pour thème central le bouleversement de l’ordre social. Les rôles entre maître et valet sont inversés.

Ce thème est aussi largement traité en littérature, notamment au théâtre, et constitue un des principes fondamentaux du carnaval.

En Bresse, cette chanson est considérée comme l’une des chansons les plus populaires et les plus traditionnelles. De nombreuses versions en sont proposées, on en compte au moins sept. 

Au comique caractéristique, la louée est au cœur du texte chanté. En tenant compte de la part de vérité et celle de l’imaginaire, ce dernier est très instructif : il dépeint la vie menée autrefois par les paysans et décrit la réalité sociale des domestiques au cours des siècles derniers.