Paulette et Emile Mercier, un couple engagé dans la Résistance
Paulette (1911 – 2006) et Emile (1910 – 1943) Mercier s’engagent ensemble dans la lutte contre le gouvernement de Pétain et contre l’occupant allemand. Respectivement pharmacienne et médecin à Nantua, ils contribuent à organiser la Résistance dans la ville. Emile le paiera de sa vie.
Paulette et Emile Mercier
© Collection Famille Mercier
L'entrée en Résistance
Emile Mercier
© Département de l'Ain / Direction des Patrimoines et des Musées
Emile est originaire de Volognat à une dizaine de kilomètres de Nantua. Paulette Perrottet est issue d’une famille protestante de Privas en Ardèche. Ils se rencontrent lors de leur formation universitaire à Lyon. Lui est étudiant en médecine, elle en pharmacie. Ils se marient en 1935 puis viennent s’installer à Nantua en 1938. Paulette tient une pharmacie et Emile ouvre un cabinet médical au 30 rue Nationale. Le couple habite au-dessus.
En 1939, Emile est mobilisé au 91e Bataillon alpin de forteresse comme médecin chef et envoyé au front des Alpes. Pendant cette période Paulette gère la pharmacie et s’occupe de leurs deux enfants.
La signature de l’armistice le 22 juin 1940 entraîne la démobilisation d’Emile qui rentre à Nantua. Très vite, ils sont révoltés par la politique menée par Pétain et son gouvernement. Ils affichent clairement leurs sentiments anglophiles, espérant la victoire britannique sur le régime nazi. Ils vont même jusqu’à prénommer leur fille née en mai 1941, Elisabeth Reine !
Des contacts se nouent avec des noyaux résistants qui commencent à émerger. Emile fait partie de réseaux qui aident à cacher des pilotes britanniques échoués dans notre département. De son côté, Paulette entre en relation avec le pasteur suisse Roland De Pury qui s’efforce de venir en aide à des familles juives. La maison du couple Mercier devient un abri pour ces populations persécutées qui sont ensuite envoyées vers d’autres refuges avant de traverser clandestinement la frontière suisse.

Maison Mercier © Département de l'Ain / S. Champonnois
Emile Mercier, chef de l’Armée secrète
Affiche 14 décembre 1943. Fac-similé.
© Département de l'Ain / Direction des Patrimoines et des Musées
Fin 1942, Emile Mercier est contacté pour prendre la tête du secteur d’Armée secrète de Nantua et accueille de nombreuses réunions à son domicile pour mettre en forme un maillage résistant efficace.
Au printemps 1943, Romans, chef des maquis de l’Ain, sollicite Emile pour organiser un Service de santé du maquis afin de soigner blessés ou malades. Le docteur Mercier parcourt alors la campagne pour soulager les combattants de l’ombre. Paulette participe à ces activités en fournissant notamment les médicaments.
Mais le 14 décembre 1943, Emile est arrêté lors de la rafle dans Nantua. Amené à la gare, il est emmené en voiture en début d’après-midi après une dernière entrevue avec Paulette. Vers 16 h 00, son corps est retrouvé criblé de balles à la sortie de Maillat.
Paulette poursuit le combat
Paulette Mercier
© Collection Famille Mercier
Paulette se retrouve seule avec leurs quatre enfants. Mais elle veut continuer la lutte entamée ensemble. Bien que se tenant éloignée quelques temps des responsables, elle maintient des liens avec la Résistance. Le 8 juin 1944, elle se tient aux côtés de Romans, chef des Maquis de l’Ain, alors qu’il proclame la Quatrième République au balcon de la sous-préfecture de Nantua. La ville et ses environs sont alors sous contrôle résistant.
Mais le 12 juillet 1944, Romans enjoint à Paulette de quitter la ville alors que les Allemands s’apprêtent à y déferler violemment. Elle accompagne alors des blessés du maquis évacués dans une forêt environnante. Elle reste une dizaine de jours à leurs côtés, prenant soin d’eux, alors que l’ennemi les recherche. Finalement transférée vers le Haut-Jura, elle participe à l’installation d’un hôpital de campagne avec l’aide d’un chirurgien britannique.
À la Libération, en septembre, elle regagne Nantua. Membre du Comité départemental de Libération, elle n’y reste que quelques semaines, avant de retrouver son travail à la pharmacie. Un peu plus tard, elle reprend ses études et devient médecin.

