Châteaux de briques en Dombes

Peu de régions françaises ont conservé un ensemble aussi évocateur de fortifications médiévales en briques rouges que ces fières bâtisses dombistes, étonnante production de l’art militaire. Plusieurs châteaux encore debouts aujourd'hui témoignent de cette histoire.

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Un mode de construction singulier

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La carronnière de Saint-Paul-de-Varax

L'absence de pierres de construction en Dombes et Bresse encourage dès le début du Moyen Âge  jusqu’au 19e siècle, la fabrication de briques de terre cuite épaisses et massives appelées également carrons savoyards.  Elles résistent aux chocs et au gel et il n’est pas nécessaire de les enduire obligatoirement. Rapides et aisées à mettre en œuvre, elles peuvent être maniées d’une seule main. Ce matériau facile se généralise dans la construction des châteaux et remparts, mais assez peu dans les églises qui utilisent plutôt les galets d’origine glaciaire associé à des pierres calcaires provenant d’autres régions.
Les carrons sont moulés, séchés au soleil, souvent plusieurs mois, puis cuits dans un four bien fermé, dont on monte de plus en plus la température pendant huit jours. Les premières tuileries et briqueteries, appelées carronnières, sont toujours situées près des lieux d’extraction de la terre.
Employées alternativement en carreau et en boutisse pour élever des murs solides, les briques sont parfois couvertes d’un enduit sur lequel sont tracés des faux joints lui donnant l’aspect plus noble d’une construction en pierre. Les façades sont rythmées par de petits trous carrés, appelés trous de boulins, marquant les emplacements des traverses d’échafaudage au fur et à mesure de l’élévation du mur. Parfois un feston de briques décoratives forme un cordon de faux mâchicoulis en légère saillie à hauteur du chemin de ronde, juste pour souligner l’aspect défensif de l’édifice.


Bouligneux, une forteresse défensive

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Vue aérienne du château de Bouligneux

De 1306 à nos jours, le château de Bouligneux n’a jamais été vendu.  Cet édifice trapu a connu deux périodes de construction, l’une au début du 14e siècle, l’autre à la fin du 16e - début du 17e siècle.

La forteresse primitive est construite à partir de 1306 par Girard de La Palud non pour l’habiter, mais pour asseoir son autorité sur une terre dont il a été inféodé par Humbert IV, sire de Thoire et Villars.  Elle se compose de quatre tours, dont un donjon, reliées les unes aux autres par des courtines, et d’un corps de logis s’ouvrant sur la cour. Les épaisses murailles extérieures aveugles sur la campagne environnante, plongent directement dans l’étang. Un pont-levis  ferme l’accès au château et l’isole de la terre ferme. Un chemin de ronde, signalé sur la muraille par de faux mâchicoulis, court tout autour de ce quadrilatère. Les tours et le donjon ont été abaissés à la Révolution, d’au moins un étage pour ce dernier. De grandes fenêtres pourvues de coussièges se découpent sur la façade du logis donnant sur la cour. Des escaliers construits dans l’épaisseur des murs permettent de se déplacer à l’intérieur des différents bâtiments.

Par le jeu des successions, la forteresse échoit au 16e siècle à un cadet qui décide de la transformer en résidence pour lui-même. Les travaux concernent  "le vieux logis" et sont marqués notamment par l’ouverture de grandes fenêtres à meneaux sur l’étang. A la fin du 16e siècle, est construite une galerie en bois desservie par un escalier à vis permettant de rendre les pièces de l’étage indépendantes les unes des autres. Une grande cheminée prend place à chaque extrémité de la salle haute, dont il n’en subsiste qu’une aujourd’hui.

Au début du 17e siècle, Jean de La Palud entreprend de poursuivre l’œuvre commencée par ses parents et choisit de transformer la forteresse d’origine en augmentant la surface habitable sur la cour intérieure et en lui donnant l’apparence d’un élégant château Louis XIII. Outre les carrons, la pierre utilisée est la pierre dorée du Beaujolais provenant essentiellement de Jarnioux. Le chemin de ronde est supprimé et des remparts ceinturant l’édifice sont construits. L’escalier à vis et l’ancienne galerie de bois sont remplacés par une galerie sur portique à arcades en plein cintre (1628). Conformément au goût de l’époque, l’aile sud abrite désormais un grand escalier droit, rampe sur rampe, agrémenté de balustres de pierre, qui s’ouvre par des arcades au niveau des paliers. On accède à la cour par une porte en plein cintre à bossages côté pont levis et par une double arcade côté cour.

A l’élégant décor de la cour répondent des décors peints intérieurs extrêmement raffinés, voire précieux. Il n’en reste que quelques vestiges dans la chapelle, dont la représentation des saints patrons de Jean de la Palud et de son épouse Gabrielle Damas de Thiange : saint Jean Baptiste portant un agneau, et l’archange Gabriel richement vêtu. Leurs blasons sont également figurés de part et d’autre de la poutre centrale. Le plafond peint en ocre rouge est orné de petits motifs décoratifs ocre jaune à rehauts gris. Au sommet des parois, se développe une frise de rinceaux végétaux d’où émergent des angelots.

A la Révolution, les tours sont abaissées, les blasons au-dessus de la porte d’entrée et dans la cour martelés. La courtine ouest ayant été abattue au 19e siècle, l’étang ne borde plus désormais que trois des quatre côtés du château.

Le château inscrit au titre des monuments historiques depuis 1926 se visite à l’occasion des Journées du Patrimoine.


La Tour du Plantay, un vestige du passé

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La tour du Plantay

La puissante tour ronde en carrons témoigne de l’ancien château-fort vraisemblablement construit vers l'année 1305 par Antoine de Saint-Didier au centre de la seigneurie du Plantay. On remarque de loin la bâtisse de briques rouges élevée sur une poype au bord d’un étang.
Transmis des sires de Thoire-Villars à ceux du Plantay, puis à la famille de La Palud, le château sera incendié en 1460 par les troupes du duc de Bourbon. Seule la tour demeure aujourd’hui, fier témoin de l’histoire dombiste. Elle est inscrite au titre des monuments historiques depuis 1991.
Le château est surtout remarquable par sa tour haute de 19 mètres bâtie en briques rouges. Un escalier de soixante-deux marches percé à l’intérieur du mur donne accès aux quatre étages et au chemin de ronde orné de mâchicoulis de pierre protégés par des merlons de brique. La tour est couverte d’un toit de tuiles creuses et ses murs percés d’étroites meurtrières. Naguère une muraille reliait la tour à un imposant bâtiment de briques de plan rectangulaire aux bases talutées, contemporain de la tour elle-même.


Le château du Montellier, une affaire de famille

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Vue extérieure du château.

Vaste construction en briques rouges comprenant un donjon bâti sur une poype, la forteresse du Montellier semble avoir vu le jour au 14e siècle. Sa position stratégique permettait de contrôler la route du Bugey au Beaujolais. Son donjon, haut de 310 mètres, est en effet l'un des points les plus élevés du territoire.
Après l’extinction de la famille du Montellier dès les années 1300, la seigneurie revient aux Thoire-Villars dont Humbert V fait reconstruire le château vers 1330. Depuis cette date l’aspect général du château ne semble pas avoir été profondément modifié. Parmi les nombreuses familles qui se succèdent, il faut retenir les Montbel, dont Jacqueline épouse le célèbre amiral Gaspard de Coligny, ami d'Henri IV. Ayant probablement trop d'influence auprès du roi Charles IX, il est assassiné lors du massacre de la Saint-Barthélemy où tant de protestants perdent la vie. Sa veuve accusée de sorcellerie meurt en prison. Malgré leur histoire tragique, leur fille Béatrix épouse le grand chambellan du duc de Savoie (en 1588, le Duc érigera à perpétuité le Montellier en marquisat). En 1781, Antoine Greppo achète la seigneurie et fixe sa résidence au château. Celui-ci est dans la même famille depuis cette date et ses descendants, dont certains apportèrent beaucoup à la communauté en créant entre autres l'école du Montellier, y habitent encore aujourd'hui. 

Le corps de logis a servi de cour de justice et de lieu de garnison à la fin du Moyen-Age. On accède au donjon de briques, remarquable par son chemin de ronde en léger encorbellement,  par une rampe qui part de l’angle de la cour. Construit en 1310, massif et sans ouvertures, il est couvert d’une toiture plate en tuiles creuses. Il est flanqué de deux tours de surveillance sur le côté le plus exposé à l’est, et d'une troisième grande tour à l’ouest de 15 m de haut abritant une chapelle.  Les neuf tours carrées très remaniées qui jalonnent le mur d’enceinte circulaire ont été percées, sans doute au 17e siècle, de fenêtres et de portes destinées à rendre habitable les bâtiments qui s’adossent à la muraille. Cette dernière protège la cour intérieure ou "basse cour" d’une surface de 5000 m2. Le système défensif était complété par des fossés qui ont disparu en grande partie.

Le château est classé au titre des monuments historiques depuis 2003.

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Château de Varax, une histoire mouvementée

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Le château de Varax

Isolé du village de Saint-Paul-de-Varax, le château s’élève en bordure d’un étang, près d’une poype boisée. Son histoire est connue depuis le 12e siècle. Possédé par la famille de Varax du milieu du 13e siècle jusqu’au milieu du 15e siècle, il passe ensuite aux La Palud, puis à différentes familles. A la fin du 16e siècle, ses épaisses murailles de carrons ont à subir l’assaut des troupes françaises ; le château est saccagé en 1595 par le maréchal de Biron pour le compte d’Henri IV.
Même si le château évite le pire à la Révolution, son mobilier est saisi et vendu en 1794. Le dernier seigneur, Jean-Claude de Riverieux de Varax, est guillotiné la même année. Ce n'est qu'au 18e siècle que la façade est reconstruite et une partie de la forteresse restaurée. Quelques années avant la seconde guerre mondiale, des ouvertures sont pratiquées afin de faire entrer la lumière dans les grandes pièces et les vestiges de l'aile sud sont aménagés.
A l'origine imposant château-fort bâti sur une poype, il comportait cinq grosses tours reliées entre elles par des courtines et défendues par des fossés et un pont-levis. La partie qui subsiste entièrement construite en briques est formée de deux ailes perpendiculaires s’articulant autour d’une petite tour hexagonale. Chaque aile haute d’un étage est couverte de toitures assez élevées percées de lucarnes avec fenêtres à meneaux. Outre le château proprement dit, une partie de l’ancienne enceinte défendue par une tour ronde, est conservée. Des nombreuses constructions attenantes au château au Moyen Âge, existent encore deux bâtiments à usage agricole et deux fermes, l’une mitoyenne au château et l’autre un peu plus éloignée dite "La Carronnière", d’où proviennent les carrons ayant servi à l’édification du château.
Le château, inscrit au titre des monuments historiques depuis 1981 pour ses façades et toitures, ne se visite pas.


Le château de la Bâtie à Montceaux, forteresse protectrice

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A l'intérieur de la cour du château de La Bâtie

La seigneurie de La Bâtie était possédée au milieu du 14e siècle par la famille de Francheleins à laquelle succèdent les Du Saix de Rignat. Au milieu du 16e siècle, elle arrive par mariage à Claude de Champier qui s’illustre comme gouverneur de la Dombes.
Au 17e siècle, elle est érigée en comté à la faveur de la famille d’Ormesson. Une succession de propriétaires se poursuit jusqu’après la Révolution pour devenir aujourd'hui la demeure de la famille de Chalon.

Construit sur une poype, le château de la Bâtie jouissait d'une position stratégique entre la Savoie et la principauté de Dombes. Composé dès le 13e siècle de quatre enceintes et dix-neuf tours en carrons, le château était une importante place-forte abritant une garnison de soixante hommes d'armes. Malgré les sévères amputations qu’il a subies à la Révolution et les constructions récentes qui se sont greffées autour de lui, le château demeure un bel exemple de l’architecture militaire en Dombes.

Il se compose aujourd’hui de deux parties principales : le château proprement dit aux tours carrées abaissées à la hauteur des courtines et percées de fenêtres récentes, et l’entrée de l’enceinte qui est la partie la plus remarquable. Au centre d’une austère façade de plus de 50 mètres de long, s’élève une porte défendue par deux tours rondes et massive dont l’une abrite une chapelle. A l’extrémité de chaque courtine, de part et d’autre de la porte fortifiée se dressaient deux tours dont une seule subsiste au nord, flanquée elle-même d’une tourelle.

Madame de Sévigné, qui y passa une nuit, figure parmi les personnages célèbres ayant séjourné au château. La forteresse remplit son rôle protecteur durant la seconde guerre mondiale en abritant Jean Moulin et en cachant plusieurs résistants.

Le château est inscrit au titre des monuments historiques depuis 2006 ainsi que sa chapelle et ses dépendances.

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Le château d'Ambérieux-en-Dombes, objet de convoitises

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Le donjon et sa nouvelle toiture

Suivant une tradition non confirmée, le château d’Ambérieux aurait été une des résidences favorites des rois burgondes ; on prétend même que l’un d’eux, Gondebaud, y fit promulguer en 501 la fameuse loi Gombette, code de lois civiles et pénales.
Au Moyen Âge, Ambérieux dépendait de la Dombes et formait le siège d’une châtellenie possédée par le seigneur de Villars. L’important château construit par Humbert de Thoire-Villars, allié des dauphins du Viennois, fait l'objet de convoitises et subit de nombreux assauts. N'ayant pas d'héritier, Humbert de Thoire-Villars vend le château à Louis II, duc de Bourbon, en 1402. L'édifice passe ainsi sous l’autorité de la principauté de Dombes. Les ducs de Savoie refusant d’admettre la perte des terres de Thoire-Villars, les conflits entre ducs de Bourbon et de Savoie reprennent. En 1408 le duc de Savoie ordonne le siège du château, mais le duc de Bourbon contraint les troupes à se rendre par un accord signé en 1411. Cela n'empêche pas la guerre de reprendre et les troupes du duc de Savoie d’assiéger de nouveau le château en 1460, mais leur tentative échoue. Cet événement met fin aux velléités d’expansion savoyarde sur la seigneurie des Thoire-Villars.
Propriété aujourd’hui de la commune, le château d'Ambérieux-en-Dombes est bâti au milieu du village. Mentionnée dès le 12e siècle, il date dans son ensemble pour autant du 14e siècle. Le plan primitif formait un trapèze rectangle cantonné de quatre tours construites en carrons, trois de plan carré et la quatrième ronde. Trois de ces tours demeurent ; la plus haute et massive passe pour être le donjon (19 mètres). La faible épaisseur des murs, la taille des ouvertures et la présence de cheminées lui donnent un caractère résidentiel plus que défensif. Cette recherche de confort caractérise les donjons de la région dès la fin du 14e siècle. L’intérieur de l’enceinte, complètement détruit, a vu se construire l’église paroissiale au 19e siècle.
Classé au titre des monuments historiques depuis 1905, le château a été restauré à partir de 1999. Il a retrouvé en 2010 une nouvelle toiture à quatre pentes, chevronnée à l’ancienne comme au Moyen Âge, et couverte de tuiles vernissées.


La maison forte de Villon à Villeneuve, un édifice original

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Vue de l'ensemble de la maison forte, en cours de restauration.

L’origine de la construction de la maison forte de Villon à Villeneuve remonte probablement au 14e siècle. Elle n'est pas à proprement parler un château, mais comporte toutes les caractéristiques d'une bâtisse défensive sur plan quadrangulaire. C’est ainsi que le chemin de ronde est marqué sur toutes les façades par un encorbellement classique en corbeaux. Au cours de son histoire, passant de propriétaires en propriétaires au gré d'alliances et de ventes, elle est à la fois forteresse et maison de plaisance. Elle appartient notamment au chevalier Jean de Godon, alors président du Parlement de Dombes à Trévoux. En 1703, sa terre est érigée en comté et elle prend le nom de « château de Sève », du nom de son propriétaire Gabriel de Sève.
Elevée sur une butte artificielle entourée de douves, la maison forte est bâtie en carrons épais et résistants. Avec ses meurtrières et son chemin de ronde crénelé, elle est capable de résister à de petits assauts. Les seigneurs successifs ne résidant pas à Villon, elle n’est que le siège d’un important domaine agricole : c’est ce qui la sauvera de toute démolition ou transformation. Elle subit peu de transformations depuis son origine, hormis au 16e siècle où son corps de logis est remanié pour en faire une résidence plus confortable, avec notamment le percement de fenêtres à meneaux en pierre dorée du Beaujolais. Une fenêtre trilobée éclaire la chapelle intérieure dotée de décors peints. Au 17e siècle, on construit un châtelet d’entrée pourvu d’un pont levis dont subsistent les rainures et l’axe de manœuvre des flèches.
La maison forte de Villon, inscrite au titre des monuments historiques depuis 1990, a été restaurée dans les années 2000 après son acquisition par la famille de Virieu, ses nouveaux propriétaires depuis 1985. Elle a conservé ses grandes salles aux cheminées monumentales en pierre, ainsi que ses plafond à la française datant du 17e siècle.


Le château de Loriol à Confrançon (Bresse)

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Vue générale, façade sud

Le château de Loriol, construit lui aussi en carrons produits par une carronnière installée au château, se dresse fièrement non pas en Dombes mais en Bresse. Château d'époque médiévale datant vraisemblablement du 14e siècle, il s'appelait autrefois le château d'Asnières-les-Bois. Construit en pleine campagne, il ne bénéficie d’aucun accident de terrain pour sa défense.
Vers 1150, la famille d’Asnières occupe une motte féodale à quelques centaines de mètres du château actuel. La seigneurie passe par alliance à la famille de Sachins, une des plus grandes familles chevaleresques de Bresse, qui édifie un nouveau château. A l’extinction de la famille, la seigneurie arrive par descendance aux mains de Françoise de Chacipol au 16e siècle, mariée à Georges de Loriol. Au 17e siècle, leur fils Jean de Loriol devient seigneur du domaine qui portera désormais son nom. Au 18e siècle, la terre de Loriol passe aux Duport de Montplaisant qui la font ériger en comté en 1743. Le château et les terres, transmis par voie d’héritage de génération en génération, appartiennent aujourd'hui à Arnaud de Loriol.
Le majestueux donjon crénelé, partie la plus ancienne du château, domine un ensemble de tours élégantes, d’échauguettes et de mâchicoulis. Deux ponts en pierre et en briques jetés sur les larges fossés secs donnent accès à la demeure au nord et au sud.  Le château lui-même se compose de trois corps de logis disposé en U qui délimitent une cour d’honneur intérieure fermée sur la façade sud par une grille et un portail en fer forgé. Le logis Est présente un grand intérêt par l’imposant donjon carré de briques percé de fenêtres à meneaux qui flanque son extrémité. Sa toiture est cantonnée de quatre poivrières reliées entre elles par un chemin de ronde extérieur percé de mâchicoulis, non couvert par le toit pyramidal.
Forteresse défensive à l’origine, elle devient ensuite un lieu de résidence mêlant harmonieusement architecture militaire et architecture civile. De grandes fenêtres à meneaux sont ouvertes pour laisser pénétrer la lumière. Les constructions réalisées par l'architecte Charles Martin de Bourg-en-Bresse de1860 à 1880, ne modifient pas le plan ancien mais donnent un nouvel aspect néogothique aux façades et aux toitures.
Le château et ses dépendances sont inscrits depuis 1994 au titre des monuments historiques.

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Envie de visiter ?

Château du Montellier : possibilité de visite guidées de groupes uniquement, toute l'année, à partir de 20 personnes, sur réservation. Durée 45 minutes, 5€/personne (3€ tarif réduit). Ouvert à tous pendant les Journées Européennes du Patrimoine.

250 route du château 

01800 Le Montellier

Tél 06 07 04 08 81

 chateaudumontellier.com

mail

 

Château de La Bâtie : possibilité de visite de groupes uniquement (à partir de 5 personnes) du 1er avril au 30 octobre, sur réservation. Durée 60 minutes, 4€ /personne, gratuit moins de 12 ans. Ouvert à tous pendant les Journées Européennes du Patrimoine.

134, chemin de la Batie 

01090 Montceaux

Tél 04 74 66 46 41

aintourisme

 

Château de Loriol : possibilité de visites du donjon en groupe de 12 personnes maximum (plusieurs groupes à la suite possible). Tous les jours du 1er avril au 31 octobre (en mars et novembre selon la météo). 

1887 Route de St Didier d'Aussiat

01310 Confrançon

Visites organisées par l'office de tourisme de Montrevel-en-Bresse 

Tél 04.74.25.48.74

mail

Les mots à comprendre

Carron savoyard : brique de 25 à
32 cm de long, 11 à 14 cm de large sur 6,5 à 11,5 cm d’épaisseur. Les Romains utilisaient couramment les briques cuites, y compris pour les fortifications. Une longue tradition existe aussi en Piémont où la Maison de Savoie s’implante dès le 11e siècle. La domination de la Maison de Savoie sur la Bresse et partiellement la Dombes peut avoir entrainé l’appellation locale de "carron savoyard".

En carreau et en boutisse : appareillage où alternent des briques posées parallèlement au mur (en carreau) et perpendiculairement (en boutisse). Ces dernières conditionnent la cohésion du mur et la liaison avec le matériau, composé de mortier, cailloux et briques concassées, coulé entre les deux parements.

Mâchicoulis : structure de pierre en saillie dotée d'ouvertures placée au sommet d'une tour. Ils servent à jeter divers matériaux pour défendre le pied des fortifications.

Courtine : muraille reliant deux tours.

Fenêtre à coussiège : banc de pierre couramment aménagé dans les constructions médiévales dans l’embrasure d’une  fenêtre. Intégré à la maçonnerie, il était recouvert de bois ou de coussins. Il permettait de s’asseoir en profitant de la lumière naturelle et de surveiller l’extérieur.

Poype (ou « motte castrale ») : butte de terre souvent artificielle sur laquelle est bâti un édifice à fonction défensive. Si le sens est désormais clair, l’origine du mot est encore inconnue. Il peut s’agir du diminutif du terme celtique poi ou pui, signifiant “petite montagne” (Puy de Dôme, Puy du Fou…) ou d’un dérivé du bas-latin puppia (renflement, éminence).

Merlon : en architecture, partie pleine située entre deux créneaux.

Echauguette : petite construction destinée à abriter dans un château fort ou une fortification le veilleur surveillant le territoire environnant.

Poivrière : guérite de maçonnerie à toit conique placée en débord à l’angle d'une tour, d’un château fort, d’une maison ou d’un pont.

à voir aussi dans ce site

A lire sur le sujet

Dictionnaire des châteaux de France – Franche-Comté – Pays de l’Ain, Editions Berger-Levraut, 1979.

Le château de Loriol, joyau de Bresse, Arnaud de Loriol, Musnier-Gilbert, 2012.
Ouvrage en consultation au 
Centre de documentation - Service Patrimoine culturel