Musée Chintreuil à Pont-de-Vaux

Toujours en quête de curiosités et d'insolite, les collections très diversifiées du musée présentent un charme tout à fait singulier : beaux-arts avec le peintre pré-impressionniste Antoine Chintreuil, calligaphie avec la collection Jacques Le Roux, histoire des personnages illustres de la ville, le fameux cabinet de curiosités avec ses étranges animaux et des expositions temporaires riches et variées.

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La galerie des illustres

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Le salon d’honneur du musée Chintreuil

Aménagé en partie dans un ancien hôtel particulier du début du 18e siècle, le musée Chintreuil a été fondé en 1866, par un maire soucieux de donner à sa ville un attrait supplémentaire. Bien que restauré selon une muséographie moderne sur 800 m2 d’exposition, ce musée conserve cette intelligence curieuse, caractérisant les aspirations des édiles du 19e siècle et que les visiteurs s’étonnent toujours de retrouver intactes.

A l’origine, une galerie d’hommes illustres de Pont-de-Vaux parmi lesquels Antoine Morand, horloger de Louis XIV, et toute une lignée de généraux de la Révolution et de l’Empire. En particulier Joubert, dont le destin fut brisé lors de la bataille de Novi en 1799 et qui lui vaut une gloire nationale. Auxquels s’ajoutent Michel Poisat, figure emblématique de la nouvelle classe bourgeoise industrielle et financière du 19e siècle, et d’autres personnages étonnants.


Chintreuil, un musée pour son oeuvre

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Antoine Chintreuil « Gelée blanche »

Le musée porte le nom d’Antoine Chintreuil, peintre du 19e siècle, dont les paysages intimistes et lumineux annoncent le courant impressionniste. Né à Pont-de-Vaux en 1814, il part à Paris en 1838 où il fréquente les milieux artistiques et expérimente « la Vie de bohème ». Ses débuts sont très difficiles mais grâce au soutien d’amis mécènes et de Corot, il finit par s’imposer dans les cercles artistiques parisiens. Il prend notamment la tête de l’association du « salon des refusés » en 1863. Par l’utilisation de la peinture en tube, dont il sera l’un des premiers usagers, Antoine Chintreuil tend à saisir la nature sur le vif, à capter les variations et vibrations de lumière. « Quelle impression vraie » s’exclame l’écrivain Victor Cherbuliez, deux ans avant la naissance officielle de l’impressionnisme. Emile Zola, Odilon Redon, Théophile Gautier laissent eux aussi des textes vibrants sur l’œuvre de Chintreuil.

Exceptionnellement jusqu’en 2020, seront exposés, en plus de la totalité des œuvres de Chintreuil du fond permanent, deux toiles majeures conservées au musée d’Orsay : « L’espace » de 1869 et « Pluie et Soleil » son oeuvre testament de 1873, année de son décès. Cette oeuvre suscite un vibrant hommage chez le critique Castagnary : « Cet effet de pluie et de soleil à la surface de ce marais dont quelques boeufs paissent l’herbe courte est vraiment admirable et il a un égal dans le ciel incandescent qui noie de sa lumière dorée tout le paysage de la marée basse ». Castagnary n’est pas le seul à apprécier l’oeuvre de Chintreuil puisque le tableau connaît rapidement une exceptionnelle notoriété. Pluie et Soleil entre au Musée du Louvre onze ans après sa mort, en 1884, aujourd'hui géré par le musée d'Orsay qui a procédé à sa restauration avant dépôt.


Curieux, très curieux

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Cabinet de curiosités

Les salles du rez-de-chaussée abritent le fameux cabinet de curiosités avec les incontournables de ces lieux insolites tels que le paradisier, la « corne de licorne », et ses « vraies » curiosités que sont le veau à deux têtes ou le poussin à quatre pattes. Des objets provenant de voyages lointains, d’anciennes armes, des bustes antiques, des collections d’ethnographie complètent cet étonnant rassemblement d’objets extraordinaires. La typologie ancienne des cabinets du 17e siècle a été conservée, dans un esprit d’accumulation, conférant à ce lieu un charme suranné mais toujours aussi étonnant.  


La calligraphie : Jacques le Roux et Fabienne Verdier

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Jacques le Roux, « Enluminure »

Depuis quelques années, le Musée Chintreuil s'ouvre à l'art de la calligraphie. En 2003, il s'est porté acquéreur d'une vingtaine d'oeuvres de "l'écriturien" Jacques Le Roux. Jacques le Roux a conçu une approche particulière des arts graphiques, associant dessins, écriture à la plume ou au calame et motifs hérités des civilisations lointaines ou disparues. Son œuvre, d’une singulière puissance évoque tout autant les enluminures du haut Moyen-âge, les Sepiks de Nouvelle guinée ou les précolombiens.
Fabienne Verdier a séjourné 10 ans en Chine dans les années 1980 pour apprendre la calligraphie. Aujourd’hui, son travail est connu dans le monde entier et continue à s’abreuver à la source de l’unique trait de pinceau.