Musée du peigne et de la plasturgie à Oyonnax

Créé au cœur de la Plastics Vallée, berceau d’une industrie innovante, le musée du peigne et de la plasturgie vous invite à un voyage à travers l’histoire industrielle d’Oyonnax et de sa vallée, de la fabrication des premiers peignes à la plasturgie d’aujourd’hui. Dans ce cheminement local, elle aborde sous un angle plus universel, la spécificité du peigne et de l’ornement de coiffure dans ses aspects, techniques, symboliques, artistiques... et de la matière plastique dans ses différentes applications.

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Vue sur le patio du musée

A l'origine un musée "d'échantillons"

En 1910, la Chambre Syndicale des fabricants de peignes, projette de créer un musée « d’échantillons » pouvant lui servir de source d’inspiration. Relancé dans les années 1920 par la municipalité, ce n’est qu’en 1977 que le musée est inauguré, rue de la Victoire, grâce à la réactivation de ce projet par la Jeune Chambre Économique de Nantua-Oyonnax et l’Association des Amis du Musée (AMPPO).

Le musée intègre alors toute la dimension des plastiques, dans un souci, à la fois, de conservation d’un patrimoine artisanal et industriel et de valorisation d’une spécificité oyonnaxienne souvent mal connue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Cité.
Un projet d’agrandissement lui permet de s’installer de manière provisoire en 1986 dans le tout nouvel édifice du Centre Culturel Aragon. En 2011, une rénovation des espaces d’accueil et de muséographie, est réalisée dans l’attente d’un projet plus ambitieux.

 


Peignes et ornements de coiffure : des collections uniques en Europe

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Peigne mantille en celluloïd d’Auguste Bonaz, 1929

D’os, de buis, d’ivoire et de bronze quelques belles pièces illustrent la spécificité du peigne et de l’ornement de coiffure dans ses aspects techniques, symboliques, artistiques et la matière plastique dans ses différentes applications. La première acquisition fut menée par la Ville d'Oyonnax en 1927. Elle comprend des pièces uniques réalisées en celluloïd par Marie-Léon Arbez-Carme signées et numérotées. A partir de 1974, des collectes sont menées auprès de la population et des fabricants pour sauvegarder ce patrimoine. Notons parmi les ornements de coiffures fabriqués à Oyonnax, les peignes d’Auguste Bonaz, inspirés de l’art japonais, et ceux de Clément Joyard, créateur et fabricant Art Nouveau.
En parallèle des peignes de toutes époques et répartis sur les cinq continents, apportent la dimension universelle de cet objet hautement symbolique. A découvrir la collection de peignes de tous les continents constituée par Robert Bollé, industriel issu d’une lignée de fabricants de peignes et de lunettes.


Vers le tout plastique : lunetterie, art ménager, jouets...

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Lunettes Paulette Guinet

Le celluloïd est inventé en 1869 par les frères Hyatt en amalgamant du coton nitré et du camphre par l'intermédiaire d'alcool à 90°. Les Oyonnaxiens s'approprient très rapidement cette nouvelle matière, jusqu'à devenir leader mondial de sa transformation. La ville entière est métamorphosée par ce nouveau destin lié à l'invention de "l'ivoire artificiel". Elle acquiert vers 1880 la réputation de capitale mondiale du peigne et de l'ornement de coiffure, exportant dans le monde entier, installant des succursales à l'étranger.
La mode des cheveux courts, après la guerre de 1914-1918, laisse les fabricants oyonnaxiens abasourdis. Ils sont contraints de diversifier leur production, en réemployant dans un premier temps les techniques mises en oeuvre pour le peigne, avant d'innover.

Aprés la Seconde Guerre mondiale le tout plastique s'impose. La découverte de nouvelles matières dérivées du pétrole, du procédé de l'injection ainsi qu'un contexte économique et social propice au changement et à la consommation entrainent une véritable révolution dans la production. Tous les objets du quotidien se mettent au goût du jour, et le plastique devient une matière à part entière, aux multiples qualités : léger, incassable, bon marché, coloré... Les objets du quotidien se multiplient dans de nouvelles matières plastiques : celluloïd, galalithe, bakélite, nylon, polyéthylène, etc. Ainsi lunettes, baigneur, bijoux, téléphone, lingerie, vaisselle...se mettent au goût du jour.


Des machines et outils au service des hommes

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Reconstitution d'un atelier de fabrication de peignes en celluloïd du début du 20e siècle.

Dès 1667, on trouve mention dans les archives du métier de "faiseur de peignes". Toutefois, cette fabrication n'est qu'une industrie d'appoint durant la
mauvaise saison.
Les premiers outils utilisés pour la fabrication des peignes en buis témoignent de l'ingéniosité des artisans. Au 19e siècle les techniques n'évoluent pas mais le buis se faisant rare, les matières se diversifient : le hêtre, la charmille, puis le clampon ou ergot, soit la corne des sabots de boeuf ou de cheval. Avec ce dernier matériau, la fabrication se développe et se modernise. Des ouvriers spécialisés se forment. Parallèlement les premières maisons commerciales apparaissent... Des mécaniciens vont mettre au point des outillages pour accroître la production de qualité. Les changements fondamentaux dans la production ont lieu avec l'invention du celluloïd et l'arrivée de l'électricité à Oyonnax pour mouvoir les machines outils en 1889. La construction de l'usine "L'union éléctrique" dite "La grande vapeur" en 1905 est conçue en tenant compte des besoins des ouvriers et des impératifs liés au travail de la première matière plastique, le Celluloïd.
Des premières presses à injecter jusqu'à l'imrpimante 3D qui vient de faire son entrée dans les collections, le musée témoigne de l’évolution des techniques de transformation des plastiques.


Le plastique dans l’art : art décoratif, haute couture, design...

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Imperméable accordéon en P.V.C.

C’est dans le 1er quart du 20e siècle, que l’on voit apparaître des expérimentations dans le domaine de la création et fabrication de mobilier engendrant la fonction de designer. Le plastique, associé à l’image d’un matériau populaire bon marché, est utilisé aussi, pour ses qualités et son caractère innovant par les plus grands créateurs, tant dans le domaine des arts avec le mouvement du Nouveau Réalisme ou du Pop Art, que du design ou de la haute couture avec les robes et accessoires de Paco Rabanne ou de Courrège. En 1928, la municipalité d’Oyonnax acquière un fonds important de pièces uniques réalisées en celluloïd par
Marie-Léon Arbez-Carme tels que peignes, vases, assiettes, boîtes, tableaux… Plus récemment une collection prestigieuse de
32 robes et accessoires de Paco Rabanne, magnifie l'emploi de diverses matières plastiques dans la Haute-Couture. Des dernières acquisition dans le domaine du design, permettent d’illustrer la plasturgie d’aujourd’hui avec des pièces de Charles Eames, Alessandro Mendini, Philippe Starck, Fabio Novembre…



A lire sur le sujet

Mémoire et savoir-faire oyonnaxiens, René Chevassus, Robert Bollé, Jacky Burret, Amis du musée du peigne et de la plasturgie - Oyonnax (Ain), 2015.
Ouvrage en consultation au
Centre de documentation - Service ressources patrimoniales et culturelles

C’ plastic I ; 150 ans de création en matières plastiques, Musée du Peigne et de la Plasturgie. Ville d’Oyonnax, 2009

C’plastic II ; Une épopée industrielle, Musée du Peigne et de la Plasturgie. Ville d’Oyonnax, 2010

L’espace du designer ou la naissance de l’objet, Musée du Peigne et de la Plasturgie. Ville d’Oyonnax, 2013